Depuis le début des discussions sur le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels, les associations dénoncent une libération de la parole homophobe alors qu'on assiste depuis une semaine à la multiplication des violences visant des partisans du mariage homosexuel à travers la France tandis que de nombreuses voix dénoncent une radicalisation des opposants.

Wilfried de Brujin
Wilfried de Brujin © Copie du profil Facebook de Wilfried de Brujin

Devant la recrudescence d'actes violents visant les homosexuels, plusieurs associations ont appelé à un rassemblement mercredi soir dans le 4e arrondissement de Paris. Une autre manifestation est organisée par l'inter-LGBT à l'Hôtel de Ville ce mercredi pour réagir à la radicalisation des mouvements de protestation contre le mariage pour tous.

A Paris, deux couples homosexuels ont porté plainte pour des agressions homophobes dans la nuit de samedi à dimanche dans les 10e et 19e arrondissements.

Depuis, une photo a fait le tour des réseaux sociaux, celle d'un homme au visage tuméfié, l’un des jeunes agressés dans le 19e. "LE visage de l'homophobie" comme il a souhaité appeler le cliché.

L'interview de Wilfred de Bruijn par Pascale Clarck

"Ce n'est pas Frigide Barjot qui m'a tabassé, explique Wilfried de Brujin, mais les paroles qui ont été prononcées, ont créé un climat qui fait que les gens font plus facilement des choses inaceptables".

« Les personnes plutôt neutres se radicalisent »

Les agressions homophobes d'une telle intensité sont heureusement assez rares mais ce dernier épisode préoccupe les associations de défense des droits des homosexuels,

Le reportage d’Arnaud Souque

« Des représentants de la nation soient ainsi empêchés de s'exprimer par ceux-là même qui nous accusaient de fuir le débat »

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a estimé mardi qu'il n'y avait "pas de place pour les factieux" dans la République après les agressions homophobes récentes et les menaces et intimidations dont font l'objet des partisans du mariage pour tous.

Vendredi, des partisans des Jeunesses nationalistes, un groupuscule d'extrême droite, ont empêché le rapporteur du projet de loi, Erwann Binet, de tenir une conférence à Saint-Etienne. Ce dernier a d'ailleurs décidé d'annuler toutes ses interventions. La sénatrice écologiste du Val-de-Marne, Esther Benbassa, a expliqué recevoir depuis plusieurs jours de nombreuses menaces par téléphone, mails et courrier, et sa voiture a été vandalisée samedi. De son côté, la sénatrice UDI Chantal Jouanno, a été jeudi la cible d'une opération de militants opposés au mariage homosexuel auquel elle est favorable.

Annick Lepetit, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale a dénoncé le fait que "des représentants de la nation soient ainsi empêchés de s'exprimer par ceux-là même qui nous accusaient de fuir le débat".

Pour le ministre de l'Intérieur, qui est intervenu à l'Assemblée Nationale, il est inimaginable que "des personnes agressées en pleine rue du fait de leur homosexualité", mais aussi "des élus, des parlementaires de gauche et de droite subissent des intimidations directement ou sur les réseaux sociaux et des menaces de mort du fait de leur engagement pour le mariage pour tous".

Manuel Valls

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