un homme condamné à quatre mois de prison pour avoir arraché un niqab
un homme condamné à quatre mois de prison pour avoir arraché un niqab © reuters

Un calme relatif est revenu à Trappes après un week-end de violences. Tout a commencé par l'interpellation d'une femme portant le niqab, interdit dans l'espace public depuis deux ans. France Inter s'interroge sur ces contrôles qui visent les femmes voilées.

Selon le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, la situation "est contenue" à Trappes, dans les Yvelines. La nuit a tout de même été troublée par des tirs de mortier et des feux de poubelles.

Un "mieux" par rapport aux émeutes de ce week-end. Vendredi soir, près de 400 personnes s'en sont pris aux environs du commissariat en jetant des pierres, brûlant des voitures et en détruisant des abri-bus.

La nuit de samedi à dimanche, les violences ont repris et une vingtaine de voitures dont une des policiers ont été brûlées. Un automobiliste a aussi foncé sur les forces de l'ordre.

Tout a commencé jeudi, lorsque des policiers ont contrôlé une femme portant un voile intégral sur la voie publique. L'intervention avait dégénéré, le mari de cette femme est accusé d'avoir tenté d'agressé un policier.

Fermeté de l'Intérieur

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a déclaré dimanche ne pas douter "un seul instant" de l'attitude respectueuse des policiers lors du contrôle. Selon lui, il s'agit simplement de faire appliquer la loi interdisant le port du niqab :

[La loi] doit s'appliquer avec discernement, avec le respect des personnes. Je ne doute pas un seul instant que c'est ce qu'ont fait ces policiers.

Manuel Valls a ensuite justifié la loi même :

Ce voile qui nie l'identité même de la femme n'a pas lieu d'être dans l'espace public.

A l'inverse,la jeune femme interpellée déclare avoir été agressée par les forces de l'ordre.

Victimes...

Victimes ou coupables, d'autres femmes se sont retrouvées au coeur d'incidents récemment.

Rien qu'au cours des trois derniers mois,cinq femmes voilées ont porté plainte pour agression : rouées de coups ou menacées par un couteau, parfois traitées de "sale arabe" ou de "sale musulmane".

Les responsables musulmans ont donc mis en garde le gouvernement contre une montée de l'islamophobie. Manuel Valls avait répondu, mercredi soir, en se rendant à la rupture du jeûne à la Grande Mosquée de Paris. Il avait dénoncé, lui aussi, "une montée des violences à l'égard des musulmans de France."

Fatima, de Trappes, demande plus de respect de la part de la police.

ou coupables ?

D'autres incidents ont aussi mis en cause cette fois des femmes portant le voile intégral.

Notons d'abord que depuis l'entrée en vigueur de la loi qui l'interdit, en avril 2011, il y a eu très peu de graves débordements lors de contrôles, selon l'Observatoire de la laïcité. L'institut a recensé 705 contrôles dont 423 de femmes entièrement voilées.

Mais certaines interpellations ont mal tourné. Le 11 juin, à Argenteuil, la police avait été prise à parti par des témoins alors qu'ils contrôlaient une femme vêtue du niqab.

Mohamed Douane, du syndicat Sinergie officier, évoque des contrôles difficiles.

Toujours en juin, à Marseille, une femme entièrement voilée a refusé de se prêter au contrôle et a demandé de l'aide à la foule de passants. Elle est poursuivie pour incitation à l'émeute et outrage à agents.

La loi

La loi sur le port du voile intégral interdit la dissimulation du visage dans l'espace public. Elle punit l'infraction d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros ou d'un stage de citoyenneté.

Les tenues prohibées sont le niqab, voile intégral qui ne laisse apparaître qu'une fente pour les yeux et la burqa, vêtement traditionnel afghan qui couvre complètement la tête et le corps avec un grillage pour dissimuler les yeux. Il est presque absent de France.

Dounia Bouzar, anthropologue et spécialiste du fait religieux, était l'invitée du 13h de France Inter

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port du voile © radio-france
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