En rouleur, en puncheur ou en baroudeur, assis ou en danseuse et parfois même à pied, il y a des dizaines de façon de courir. Quelques exemples pour (presque) tout comprendre.

Contre-la-montre

C’est l’épreuve absolue pour les cyclistes : pas moyen de prendre la roue d’un partenaire pour s’abriter. Seul face à lui-même, le coureur est en outre sous le regard de tous. Son style, sa forme son moral sont mis à nu.

C’est aussi un laboratoire qui permet de tester quelques innovations (selles, casques, roues ou combinaisons) : Laurent Fignon a ainsi affirmé en 1989 que l’usage d’un guidon de tri athlète avait permis à Greg LeMond de la battre dans la dernière étape pour gagner le Tour avec une avance de 8 secondes.

Le contre-la-montre peut aussi se transformer en sport d’équipe. Le rôle des directeurs sportifs est alors primordial : à eux de déterminer l’ordre et la durée des relais, afin d’optimiser la performance d’ensemble, en tenant compte des forces et des faiblesses de chaque individu : ne pas faire perdre de temps aux rouleurs de l’équipe, ne pas épuiser les grimpeurs, mettre le leader dans la meilleure position.Une alchimie complexe qui se travaille pendant des heures à l’entrainement, ce qui n’était pas encore forcément le cas dans les années 60. ### Kubler Il peut arriver qu’on gagne un Tour lors d’un contre-la-montre. Ce qui est certain en tout cas, c’est qu’on ne gagne jamais un Tour quand on en loupe un.D’où la joie du Suisse Ferdi Kubler, le vainqueur de 1950. A Lyon, au terme d’un contre-la-montre comme on n’en fait plus (98 kilomètres), le maillot jaune avait pris 4 minutes au Belge Stan Ockers et presque 9 au Français Louison Bobet. Il ne restait que 2 étapes, le Suisse était assuré de la victoire.
Ferdi Lkuber conforte son maillot jaune, après son succès dans le contre-la-montre de Lyon
Ferdi Lkuber conforte son maillot jaune, après son succès dans le contre-la-montre de Lyon © Radio France
### Echappée C’est l’exercice qui rend les coureurs sympathiques au public. Et plus ils partent tôt, plus ils gagnent en popularité, car les téléspectateurs ont plus de temps pour faire leur connaissance.On appelle « baroudeurs », les spécialistes du genre. Capables de s’extraire d’un peloton et surtout de lui résister jusqu’à l’arrivée, empêchant les équipes de sprinteurs d’amener leurs favoris sur la ligne.Exemple : Pierre Rolland, parti juste après le départ le 12 juillet 2012 entre Albertville et La Toussuire pour s’imposer de justesse sur la ligne. ### Attaque Autre type de coureur populaire, le puncheur. Le puncheur sait qu’il n’a aucune chance quand le peloton arrive groupé à quelques kilomètres du but. Les sprinteurs vont plus vite que lui, et bénéficient le plus souvent d’une organisation d’équipe parfaitement huilée. Alors, les puncheurs tentent leur chance. Le plus souvent, ils ne parviennent qu’à désorganiser un peu l’arrivée.Mais parfois, la gagne est au bout, et c’est le triomphe, comme pour Thomas Voeckler l’année dernière. ### Sprint Parfois, les sprinteurs ne se disputent même pas la victoire d’étape, mais seulement les places d’honneur pour le classement par points. Ce qui donne les plus beaux sprints (et les plus faciles à déchiffrer), quand les coureurs ne disposent plus de leur équipe autour d’eux. En 1967, c’est dans son échappée au long cours sur la route de Jambes que Roger Pingeon avait forgé sa victoire finale.Mais derrière lui, le sprint avait été somptueux, remporté par le Français Raymond Riotte. ### Danseuse Dans la course sur route, contre-la-montre ou en ligne, dés qu’on a besoin de puissance, on doit se mettre « en danseuse ». Une position qui permet à tout le poids du corps d’appuyer sur les pédales quand les cuisses et les muscles du dos ne suffisent plus. Inconvénient, c’est une position très énergivore, et inconfortable, avec l’appui prononcé sur le guidon, et donc fatigante, voire épuisante.Leur capacité à tenir cette position permet parfois aux grimpeurs de s’imposer dans les contre-la-montre accidentés, comme ici en 1958 à Châteaulin : on attendait le Français Anquetil, le vainqueur fut le Luxembourgeois Gaul. En 1958, contre-la-montre, sur le circuit accidenté de Châteaulin, Charly Gaul bat Jacques Anquetil de sept secondes.Un véritable exploit, réalisé à plus de 41 km/h de moyenne par un coureur complet.
1958 - Charly Gaul bat Anquetil dans le contre-la-montre
1958 - Charly Gaul bat Anquetil dans le contre-la-montre © Radio France
### A vélo... ou à pied Dans les premières années du Tour, les coureurs ne disposaient pas de dérailleurs pour changer de braquet, ni même de roue libre. Quand les organisateurs eurent l’idée de pimenter la course en lui faisant traverser les montagnes, il fallait souvent mettre pied à terre pour atteindre les sommets, comme ici le futur Vainqueur, Octave Lapize.
Octave Lapize alterne cousre à pied et à bicyclette
Octave Lapize alterne cousre à pied et à bicyclette © Radio France
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