Dans le Tour, il y a la course bien sûr, mais aussi toutes sortes d’autres choses pittoresques, baroques ou insolites à observer.

Le Village départ

Chaque matin avant le départ, le village-départ accueille des invités. Pour y pénétrer, il faut bien sûr montrer patte blanche, en l'occurrence justifier de sa présence : être invité, le plus souvent par un des sponsors de la caravane voire par une des équipes. L'invitation permet de croiser les coureurs, les anciens coureurs et les VIP qui ont eu le courage de se lever. Le village, c'est aussi une véritable agglomération, avec sa poste et son salon de coiffure.

La foule comme un mur

La passion des fans est le plus souvent déraisonnable. Lors des étapes de montagne, les plus spectaculaires, les supporters sont souvent en place plusieurs jours avant le passage de la course. Et il est même arrivé comme ici en 1992 à l’issue de l'étape dans la station italienne de Sestrières, que les coureurs soient obligés de ralentir ! Un comble compte tenu des pourcentages de certaines pentes. Il faut dire que le vainqueur et héros du jour, Claudio Chipucci, était un Italien.

### Les agriculteurs décorent la route du Tour Le Tour, dans les régions qu’il traverse est un évènement fêté de nombreuses manières. Et depuis bien longtemps, syndicats d’initiatives et associations diverses utilisent les caméras, notamment celles embarquées dans les hélicoptères, pour s’exposer et faire passer des messages. Ambassadeurs s’il en est de la ruralité, les agriculteurs des fédérations départementales des syndicats d’exploitants agricoles, sont depuis 6 ans invités à participer à un concours : départagés par un jury prestigieux, ils doivent créer des animations dans les champs longeant les routes du Tour.
### Les Triplettes, hymne au Tour Le film d’animation franco-belgo-québécois « Les triplettes de Belleville » est (entre autres) un hommage au Tour de France et à sa mythologie. Avec une bande son signée Benoît Charest, interprétée notamment par Thomas Dutronc et Christopher Smith, qui « colle » littéralement à l’ambiance de la course.
### Le balai de Blondin Pour échapper à l’élimination, les coureurs fatigués ou blessés ont l’habitude de se regrouper loin derrière le peloton : il s’agit d’unir leurs quelques forces pour éviter d’arriver en dehors des délais imposés par l’organisation. Généralement, un capitaine de route de ce « grupetto » règle l’allure. L’idée est par exemple de permettre aux sprinters de franchir les montagnes sans être disqualifiés. Mais parfois, même cette allure là est trop rapide. Le coureur lâché n’a alors d’autre alternative que de monter, la mort dans l’âme, dans la voiture balai. Sur le Tour de France de Antoine Blondin (éditions Mazarine, 1979) > _Le "Balai" est cette camionnette sinistre, hérissée par dérision d'un plumeau de jonc symbolique, où deux personnages d'une jovialité extrêmement déplacée recueillent les coureurs désemparés qui renoncent à poursuivre la course. Elle ferme la marche et les gens se la montrent du doigt avec consternation car elle marque la fin du spectacle._ ### Le service médical Avec sa verve et son talent, Antoine Blondin, chroniqueur pour « L’Equipe » a su admirablement décrire tous les étages du Tour en mouvement. De la caravane à la voiture balai, il en croque tous les acteurs, le plus souvent avec une tendresse qui démontre son admiration. Ainsi des médecins qui ont la lourde tâche d’évaluer la souffrance des coureurs toujours présente, souvent minimisée pour pouvoir continuer la course. Sur le Tour de France de Antoine Blondin (éditions Mazarine, 1979) > _On ne dira jamais assez ce qu'a d'exceptionnel cette médecine d'urgence, qui implique un diagnostic éclair sur le bord de la route envahie par des hordes vrombissantes et que perturbent des scrupules contradictoires : empêcher un blessé de continuer, c'est risquer de le léser professionnellement ; le laisser continuer, c'est risquer de le léser organiquement ; prendre le temps de la réflexion, c'est le vouer à un retard irréparable._ ### Chasse au poil Les supporters chassent les cadeaux sur le bord de la route, les journalistes chassent les infos, au village départ, et le soir, quand la course est finie, les coureurs chassent…les poils de leurs jambes. Question d’esthétique, mais surtout de confort, pas un cycliste ne sort avec les mollets couverts. Epilation à la cire, mais le plus souvent au rasoir, tout professionnel est un expert.
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