Ils chutent, ils souffrent... et parfois ils abandonnent. A 92 jours du final du 100e Tour, mise en lumière ceux qui ne sont jamais arrivés.

Victor Fontan : drame à la béarnais

1929, c’est l’année de Victor Fontan. A 36 ans, il ne lui reste plus beaucoup de temps pour gagner enfin le Tour de France. Grimpeur de classe, le Palois n’a pu imposer son talent que dans les cols. Le règlement favorisait trop la performance des grosses équipes dans la plaine. Cette année là, retour de la course « en ligne », à la loyale et Fontan s’empare du maillot jaune à Luchon.Le lendemain, pendant la 10ème étape, il casse sa fourche. Incapable de réparer lui-même, il tente de suivre la course sur un vélo « emprunté » à un agriculteur sur le bord de la route. La machine n’est pas à sa taille et de toute façon le règlement (encore lui) l’aurait disqualifié.

extrait de "Les Petites histoires de la Grande boucle" de Jean-Paul Brouchon (Jacob-Duvernet, 2010)

Au matin de la dernière étape des Pyrénées, Victor Fontan, le grand favori de l'épreuve est maillot jaune. […] En tête de la course il a cassé sa fourche, a couru longtemps pour réveiller un paysan qui lui a prêté un vélo non adapté à ses mensurations. Puis il a trouvé un marchand de cycles […]. Mais Fontan n'a plus de force. En sanglantant, il annonce son abandon.

Bahamontes : l’Aigle de Tolède jette l’éponge

Federico Bahamontès, vainqueur du Tour précédent est encore favori dans l’édition 1960. On attend avec impatience de savourer son démarrage magique dans les étapes de haute montagne où il a bâti sa victoire de 1959.Mais le Tour démarre dans les plaines du Nord et de Belgique. Et dès la deuxième étape, entre Bruxelles et Dunkerque, il est victime de la casse de son vélo. L’équipe d’Espagne au grand complet l’attend, mais devant, le peloton a compris qu’il avait une chance d’éliminer un favori. Les équipes roulent fort, les Espagnols s’épuisent, et Bahamontès jette l’éponge, non sans se faire copieusement secouer par ses collègues qui ont fourni de grands efforts pour essayer le ramener.L’Italien Nencini, qui portait le maillot jaune ce jour là remportera l’épreuve.

### Thevenet : victime de son foie En 1975, il a été le tombeur du cannibale Eddy Merckx. Donc, en 1976, Bernard Thévenet, malgré une saison en demi-teinte, recueille encore les pronostics du public. Jusqu’aux étapes pyrénéennes et alpines qui le voient trainer en queue de peloton. En fait, il souffre d’une hépatite qu’il attribuera bien plus tard à la prise continue de divers produits dopants.Dans la longue (220 kilomètres) 19ème étape entre Saint-Foy-la-Grande et Tulle, épuisé, il est contraint à l’abandon. « Nanard » reviendra en 1977 pour sa deuxième victoire dans le Tour.
Thevenet abandonne, 1976
Thevenet abandonne, 1976 © Radio France / France Soir
### Hinault, le Blaireau escamoté Vainqueur des deux précédentes éditions, Bernard Hinault par une nouvelle fois avec l’étiquette de favori. Pourtant le Blaireau d’Yffignac a connu un hiver compliqué par une blessure au genou. Il se murmure que son engagement a été imposé par la stratégie de Renault, son équipe. Pourtant, il donne le change jusqu’aux Pyrénées, il arrive en jaune à Pau … et disparaît dans la voiture d’un de ses équipiers.Il ne prendra pas le départ de la 13ème étape, devenant le 15ème porteur du maillot jaune contraint à l’abandon. ### Rominger : l’Helvète à terre 1997, le Suisse Toni Rominger est encore l’un des prétendants à la victoire. Grand rouleur, pas maladroit en montagne, 2ème en 1993, il a une dernière chance de s’imposer. Le Tour commence, et comme souvent, les premières étapes - où le peloton est le plus dense - sont les plus dangereuses : dans la troisième, entre Vire et Ploumenach, le Suisse est pris dans une chute collective : il ne s’en relèvera pas et, clavicule fracturée, fera ses adieux au Tour.
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