Les consommateurs expriment une forte demande pour plus de clarté, et pour se passer des substances sans intérêt nutritionnel comme les additifs, comme les nanoparticules, dont on connaît peu les effets sur l'organisme.

Les additifs sont plus ou moins présents selon le type d'aliments
Les additifs sont plus ou moins présents selon le type d'aliments © Maxppp / Lionel Vadam

Ils sont  minuscules, ces additifs, et pourtant ils gagnent du terrain à table. Et c'est justement l'un des sujets abordés par les États Généraux de l'Alimentation, l'information des consommateurs : entre l’étiquetage inexistant sur la présence de certains composés et les différents logos, difficile parfois de s'y retrouver, alors que la demande d'information est forte chez les consommateurs.

Les nanoparticules de dioxyde de titane, le fameux E 171, on en trouve dans l'enrobage des bonbons, dans des yaourts, des biscuits ou des glaces. Il sert notamment à blanchir et intensifier la brillance de certains aliments. Quant à la silice, elle est ajoutée aux farines, sel et autres soupes lyophilisées pour éviter que les poudres s'agglomèrent. Quels effet sur notre organisme ? Les études sont rares.

En début d'année, celle menée sur des rats par l'INRA a fait grand bruit. Eric Houdeau, du centre de recherche en toxicologie alimentaire : "Chez l'animal, on a pu constater que plus l'exposition est prolongée dans le temps, semaine après semaine, plus on voit des effets immunotoxiques apparaître. Au bout de 100 jours, on voit se développer, au niveau de la muqueuse de l'intestin ou de la région du colon, ce qu'on appelle des lésions prénéoplasiques. _Ce ne sont pas encore des tumeurs colorectales, mais ce sont des stades précoces de la précancérisation de l'intestin._"

Mettre risques et bénéfices dans la balance

Ces recherches portent sur l'animal, on ne peut extrapoler à l'homme. Néanmoins, ces effets précancéreux, et le fait que le dioxyde de titane soit classé cancérogène quand il est respiré, ont incité l'ANSES  à demander plus d'études, et à poser la question de l'intérêt de ces additifs. Notamment pour le dioxyde de titane, sur lequel a travaillé Charlotte Grastilleur, chercheuse à l'agence de sécurité sanitaire de l'alimentation de l'environnement et du travail.

Peser l'utilité, c'est toujours mettre un bénéfice en regard d'un risque, notamment pour des produits qui n'ont pas forcément de bénéfice nutritionnel ou sanitaire particulier.

C'est par leur bénéfice technologique que ces additifs ont obtenu leur autorisation de mise sur le marché. Aujourd'hui, ce qui manque, c'est un étiquetage obligatoire pour les repérer.

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