Une enquête auprès des lycéens tente de quantifier leur degré de radicalité politique et religieuse pour essayer de comprendre la jeunesse française post-Charlie.

Une manifestation de lycéens à Montpellier.
Une manifestation de lycéens à Montpellier. © Maxppp / RICHARD DE HULLESSEN

Les jeunes Français sont-ils de plus en plus extrêmes dans leurs positions politiques et religieuses ? C'est ce qu'a tenté de mesurer une enquête inédite de chercheurs du CNRS qui ont répondu à l'appel d’offre du gouvernement afin d'étudier la société française après les attentats de 2015.

Les résultats de cette enquête portent sur les réponses de 7000 jeunes lycéens de 14 à 16 ans, qui sont assez sensibles à utiliser une certaine violence pour faire passer leurs idées

On trouve une petite minorité avec des idées rigoristes en matière de religion, et notamment chez les jeunes musulmans. L'enquête n'est pas une stricte photographie de la jeunesse française, mais le résultat d'un questionnaire distribués à 7.000 élèves de seconde des académies de Lille, Dijon, Aix et Créteil. "Une partie d'entre eux justifient sans peine l'usage de la violence à des fins politiques" relève Anne Muxel, sociologue du CNRS :

On voit bien en germe qu’il peut y avoir quelque chose d’une culture de la protestation. Elle peut éventuellement déboucher sur quelque chose de plus violent mais ce n’est pas forcement systématique

Une faible minorité de ces jeunes adhèrent à la fois à cette justification de la violence et à un "absolutisme religieux, supérieur aux règles de la société", à hauteur de 4% pour l'ensemble des lycéens et de 12 % chez les jeunes musulmans. Olivier Galland, chercheur au CNRS, explique que seule une minorité est concernée :

Ce que l’on voulait vérifier c’est à quel degré ces idées avaient pénétré une partie de la jeunesse

Cette enquête n'a pas toutes les réponses, et les chercheurs doivent encore exploiter les questions sur la théorie du complot, la défiance envers les policiers ou les médias.

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