Plus de la moitié des jeunes Français prêtent une attention particulière à l'actualité. Selon la dernière étude publiée jeudi par le CNESCO, ils s'informent grâce au bouche-à-oreille, aux réseaux sociaux et via la télévision. Tout en faisant très peu confiance aux sources d'informations les moins fiables sur Internet.

Les jeunes et la presse papier numérique
Les jeunes et la presse papier numérique © Maxppp / Aurélie Audureau

Les jeunes, défiants vis-à-vis de l’information ? Que nenni. La grande enquête "École et citoyenneté" publiée ce jeudi par le CNESCO (Conseil national d’Évaluation Scolaire) montre que les adolescents conservent un fort intérêt pour l’actualité. La grande majorité des 16 000 élèves interrogés (de la 3e à la terminale) citent comme principales sources d’information leur entourage, les réseaux sociaux et la télévision. Ce média traditionnel par définition, bénéficie d'ailleurs d'un bonne image auprès des plus jeunes puisque 92% des élèves de 3e déclarent s'informer via ce support.

Grande confiance accordée aux médias traditionnels

C’est un fait : les jeunes boudent les journaux et la radio sous leurs formes classiques. Ce n’est pas pour autant qu’ils ne leur font pas confiance. Le CNESCO précise même que "les médias traditionnels recueillent une forte confiance auprès des élèves". Il faut dire que leurs versions numériques, sans grande surprise, se taillent une place de choix dans leurs habitudes, tout comme les réseaux sociaux. Plébiscités dans leurs usages, ces derniers suscitent cependant une grande méfiance chez les adolescents. Seulement un quart d’entre eux leur font confiance.

24% seulement des élèves en classe de terminale croient aux éléments sur les réseaux sociaux, contre 71% pour les journaux papiers, et 67% pour la radio. Ce qui laisse supposer que les jeunes ont peut-être moins de chance d'être ciblés par les "fake news", ces informations erronées que l'on retrouve en grande quantité sur les réseaux sociaux comme Facebook. A contrario, ils sont respectivement 71% de la même classe d'âge à faire confiance aux journaux papiers et 67% à la radio.

L’origine sociale au cœur des usages

L’origine sociale influence le rapport aux médias. Les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que ceux de milieux favorisés, n’écoutent pas la radio et prêtent plus souvent attention aux réseaux sociaux qu’aux médias classiques. "En 3e, 67% des élèves favorisés s’informent sur l’actualité, mais seulement 46% des élèves défavorisés (soit 21 points d’écart)" précise le rapport. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Alors pourquoi une telle différence ? Cela tient avant tout au contexte familial et à l’intérêt que portent les parents à l’actualité.  

Cette étude pose d’autres questions. L’école accompagne-t-elle suffisamment les élèves dans leur recherche d’informations ? Pour le CNESCO, la réponse est clairement non : "L’éducation aux médias, en tant qu’objet d’étude, n’est abordée que dans la moitié des collèges et lycées lors de cours d’enseignement moral et civique (EMC)". Quand ils participent à des ateliers, les élèves, et encore plus dans les collèges d’éducation prioritaire, travaillent pour la plupart à partir de documentaires ou d’émissions de télévision, moins à partir d’articles de journaux.

Ces cours, utiles sur plusieurs points, les sensibilisent à l'actualité mais ne leur donnent pas les bases essentielles à l'éducation aux médias. Pourtant, s’informer est un acte citoyen, indispensable dans la construction d’une opinion et dans la compréhension du monde.

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