[scald=62865:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le luxueux logement de la Ville de Paris du quartier prestigieux du Panthéon loué à prix très modique par le candidat "souverainiste" déclaré à la présidentielle Jean-Pierre Chevènement, a relancé jeudi en France la polémique sur les privilèges.

Quand la capitale était dirigée par la droite sous la direction de Jacques Chirac puis Jean Tiberi, entre 1977 et 2001, les scandales de ce type s'étaient multipliés, le Premier ministre Alain Juppé étant même contraint par le procureur à déménager d'un logement occupé à bas prix en 1996.

La déclaration de candidature du président d'honneur du Mouvement des citoyens a relancé la polémique sur le logement de 120 m2 qu'il occupe depuis 1983 dans le Ve arrondissement, pour un loyer qui serait, selon plusieurs médias, de 1.2OO euros, ou 1.500 au maximum, soit la moitié du prix du marché, voire moins.

La ministre UMP du Budget Valérie Pécresse a estimé que la Ville de Paris, dirigée depuis une décennie par le socialiste Bertrand Delanoë, avait échoué à résoudre ce problème, mais elle juge Jean-Pierre Chevènement trop vieux pour être chassé.

"La mairie de Paris nous a donné des leçons de morale pendant des années sur la question de la gestion des appartements, on voit bien qu'elle n'a pas balayé devant sa porte", a-t-elle dit sur Canal+.

"On ne demande pas à quelqu'un de quitter son logement à 72 ans, mais la mairie de Paris aurait dû lui demander de le faire bien avant", a-t-elle ajouté.

Il n'est pas possible légalement de faire partir un locataire qui paye son loyer, a précisé depuis le début des ces affaires la municipalité. Bertrand Delanoë, prié de dire sur France info s'il allait demander à Jean-Pierre Chevènement de plier bagage, a laissé entendre que c'était possible.

"Je veux que les choses soient faites dignement, proprement, démocratiquement et j'ai besoin des logements pour les Parisiens, dont les revenus justifient qu'ils soient dans des logements", a-t-il dit.

Pour l'instant, Jean-Pierre Chevènement a fait savoir qu'il n'avait pas l'intention de partir, la situation étant "légale", a-t-il dit à la presse.

Ce dossier ne s'arrête pas au fondateur du MDC, de nombreuses personnalités de droite et de gauche, des journalistes, des hauts fonctionnaires, bénéficiant de logements de la Ville à des coûts privilégiés, du fait de leurs relations.

Le dossier avait été relancé une première fois en 2008, quand Jean-Paul Bolufer, directeur de cabinet de la ministre du Logement Christine Boutin, avait été contraint après une polémique de quitter un appartement de 190 m2 occupé depuis 1981 dans le Ve, au prix de 1.197 euros mensuels.

L'affaire est sensible dans la capitale française où la crise du logement et l'explosion des prix de l'immobilier ont poussé les salariés les moins favorisés vers la banlieue, voire dans la rue. On estime que moins de 10% des demandes de logements sociaux sont satisfaites.

Thierry Lévêque

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