Les Alpes, décors grandioses et cols majestueux, sont l’occasion pour le Tour de faire passer une épreuve de vérité aux coureurs. Quand ils en sortent, on connaît généralement le vainqueur.

Faber, un brave dans les Alpes

Le Tour 1914 se termine le 26 juillet, une semaine avant la mobilisation générale. Le Luxembourgeois François Faber, « Le géant de Colombes », vainqueur en 1909, va s’illustrer en remportant deux étapes, juste après avoir franchi les Alpes qu’il aura réussi à dominé, alors qu’il n’était pas un pur spécialiste de la montagne. Engagé volontaire, il sera tué au front le 9 mai 1915.

François Faber dans les Alpes (TDF 1914)
François Faber dans les Alpes (TDF 1914) © Collection Pascal Sergent

1975 : les Alpes, cimetière des espoirs du Cannibale

En 1975, ce sont bien les Alpes qui désigneront le vainqueur : après un première partie sur le plat, dominée par le rouleur italien Francesco Moser, Eddy Merckx, qui avait pris le contrôle de la course à la faveur d’un contre-la-montre et avait franchi les Pyrénées en jaune, semblait s’acheminer vers sa sixième victoire. Mais entre Nice et Pra-Loup, il devait s’incliner, battu dès les premiers contreforts alpins par un Bernard Thévenet euphorique, qui s’imposera pour la première arrivée sur les Champs Elysées une semaine plus tard.

Serre-Chevallier

Le lendemain de sa prise du maillot jaune, Bernard Thévenet ne songe pas encore à gagner le Tour. Il est juste ravi d’avoir réussi à damer le pion aux meilleurs, Merckx, Zoetemelk, Van Impe et Gimondi. Mais cet été là, le Bourguignon a des jambes de feu. Galvanisé par les encouragements d’un public toujours un peu plus cocardier que de coutume en ce 14 juillet, il se dégage à nouveau du peloton entre Barcelonnette et Serre-Chevalier pour une nouvelle victoire en solitaire qui va consolider sa première place.

Bernard Thevenet à Serre-Chevallier (TDF 1975)
Bernard Thevenet à Serre-Chevallier (TDF 1975) © Collection Pascal Sergent

La Voix de Paris Radio Cité

Quand il faut faire la réclame de la course, les speakers de la TSF ne ménagent pas leur technique de camelot. En 1938, dans l’argumentaire pour « vendre » le Tour, la montagne figure en bonne place. Le bon public doit savoir, qu’il y assistera toujours à des moments homériques, les grands cols alpins deviennent donc des personnages au même titre que les coureurs.

Le Grand Bornand

Au pied des cols de la Colombière et des Annes, sur la route touristique des Grandes Alpes, le Grand Bornand est une ville de passage pratiquement incontournable pour le Tour. Cette année, c’est la quatrième fois que la station des Aravis est ville-étape. Les coureurs y arriveront après avoir franchi 5 cols depuis Bourg d’Oisans (Glandon, Madeleine, Tamié, l’Epine et la Croix Fry).

Chamarro au Grand Bornan
Chamarro au Grand Bornan ©

Le Galibier

"La France du Tour" de Pascal Boury (L'Harmattan, 1997) :

Desgrange continuait : "Oh ! Sappey ! Oh ! Laffrey ! Oh ! Col Bayard ! Oh ! Tourmalet ! Je ne faillirai pas à mon devoir en proclamant qu'à côté du Galibier, vous êtes de la pâle et vulgaire "bibine" : devant ce géant, il n'y a a plus qu'à tirer son bonnet et à saluer bien bas ! ...(...)Il est à noter que près du sommet du Galibier - et il faut y voir là un symbole - un monument a été élevé à la sortie sud du tunnel à la mémoire d'Henri Desgrange et qu'à chaque passage de l'épreuve se dispute là une prime-souvenir.

Pas de passage cette année au sommet du Galibier. C’est pourtant le col alpin le plus fréquemment emprunté par le Tour, 59 fois dont 34 depuis 1947. A 2642 mètres d’altitude, il a été en 2011 le point d’arrivée le plus haut de l’histoire pour une victoire du Luxembourgeois Andy Schleck.

L'Alpe-d'Huez

Les 1400 Huizats (habitants de l’Alpe d’Huez) ont l’habitude de voir passer le Tour : la station a accueilli la course 27 fois et elle doit une grande partie de sa notoriété internationale aux « forçats de la route ». Cette année, 2 ascensions au programme de la 18ème étape, départ de Gap, arrivée dans la station après 172 kilomètres…

Les 21 virages de l’ascension de l’Alpe d’Huez accueillent chaque année des dizaines de milliers de supporters. Essentiellement venus des Pays-Bas, d’où le surnom de « Montagne des Hollandais » qui est désormais celui de la station. Pourtant, elle a été longtemps le terrain de jeu des grimpeurs italiens et français.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.