A partir de dimanche, 200 documents collectés après les attaques du 13 novembre seront disponibles sur Internet. En tout, les archives de Paris en ont collecté plus de 7.000.

Plus de 7.500 documents ont été collectés sur place
Plus de 7.500 documents ont été collectés sur place © Radio France / Clara Lecocq-Réale

Après le 13 novembre, les Archives de Paris ont collecté pas moins de 7.689 documents, dessins, poèmes, laissés sur les lieux des attaques en guise d'hommage, spontanément déposés par les passants. Aujourd'hui rangés dans des boîtes noires dans les locaux des archives de Paris, sur 11 mètres de rayonnage, ils vont tous être numérisés d'ici fin janvier puis mis en ligne. Dès dimanche, 200 d'entre eux seront consultablessur le site des Archives de Paris.

L'un des messages collectés après les attaques
L'un des messages collectés après les attaques © Radio France

Collecte sur place

Les yeux humides et le regard fuyant, Émilie Legrand, responsable de l'atelier de restauration se souvient de ses premiers pas sur les lieux des attentats du 13 novembre, accroupie pour ramasser un à un les dessins, poèmes et petits mots. "D'habitude, je restaure de vieux registres, de vieilles cartes", explique-t-elle. "Aller sur le terrain pour collecter, c'est quelque chose que je ne fais jamais. La première fois, on est tenté de lire, de regarder ce qu'il y a : il faut arrêter très vite, sinon professionnellement on ne peut pas avancer".

Comme beaucoup, je suis rentrée, j'ai pleuré (...). On essaie de mettre un peu de distance.

Des milliers de dessins ont été déposés près des lieux des attaques, spontanément, par les passants
Des milliers de dessins ont été déposés près des lieux des attaques, spontanément, par les passants © Radio France

Une dizaine d'archivistes de la ville de Paris comme elle se sont portés volontaires pour ces opérations de collecte, qui ont commencé en décembre 2015, lorsque le café La Bonne Bière a rouvert. Mathilde faisait aussi partie des volontaires : "C'était la première fois qu'on retournait sur les sites des attaques, des sites qu'on fréquentait en tant que parisiens. Après quand le travail de collecte a commencé, on n'avait plus tellement le temps de penser à l'endroit où on était".

Les habitants avaient envie de retrouver un contexte de vie normal, d'un autre côté ils n'avaient pas envie que tout soit jeté, ils étaient rassurés de savoir que ça allait être conservé de façon définitive. (Mathilde)

Malgré la pluie, les archivistes ont donc récupéré et classé tous les documents en fonction des lieux et des dates de collecte. "On a eu très peu de pertes, et sur place une fois que c'était sec, certains dessins sont même réapparus sur les feuilles", raconte Emilie Legrand.

Mathilde (à gauche) et Emilie (à droite) ont participé aux opérations de collecte
Mathilde (à gauche) et Emilie (à droite) ont participé aux opérations de collecte © Radio France

Se protéger

Pendant un an, elle s'est donc attachée à restaurer ces documents, et surtout à se protéger, en évitant de lire ce qui est écrit sur ces messages : "S'il faut rapprocher deux morceaux de feuille ensemble pour constituer un dessin, je le fais en regardant les bords de page, mais pas forcément l'ensemble des messages".

On se sent proches de ces petits papiers et de ces gens qu'on ne connait même pas (Emilie Legrand)

Rien, parmi les documents collectés, n'a été mis de côté, assure le directeur des archives de Paris, Guillaume Nahon : "Ce mouvement de solidarité à l'égard des victimes est un événement majeur de l'histoire de Paris (...), donc ces documents constituent une source majeure sur cet événement".

Les documents sont aujourd'hui conservés dans ces boîtes noires
Les documents sont aujourd'hui conservés dans ces boîtes noires © Radio France

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