Ils sont près de 365 000 en France, exposés à des degrés divers à la silice cristalline, un minéral dont le quartz est la forme la plus courante. Or, la silice cristalline est cancérogène. L'Agence de sécurité sanitaire alerte.

Les ouvriers du BTP trop exposés à la silice cristalline, présente notamment dans le quartz
Les ouvriers du BTP trop exposés à la silice cristalline, présente notamment dans le quartz © Getty / CC

La silice cristalline est dans le collimateur de l'Anses, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. Ce minéral, naturellement présent dans la croûte terrestre, existe sous trois formes : la plus répandue est le quartz, devant la tridymite et la cristobalite. Le quartz est présent dans la plupart des types de roches, de l’état de traces jusqu’à des teneurs supérieures à 90 %, comme dans les sables par exemple. La cristobalite est, quant à elle, présente naturellement dans les roches volcaniques. La tridymite est plus rare que les deux autres formes. 

La silice cristalline (industrielle ou naturelle) est utilisée dans une multitude d’applications : verrerie, fonderie, chimie, caoutchoucs, peintures, construction avec en particulier bétons, parements funéraires, etc. Or, la silice cristalline a été classée comme cancérogène pour l’être humain par le CIRC (le Centre international de recherche sur le cancer) en 1997. 

Plusieurs centaines d'ouvriers concernés

En France, près de 365 000 personnes seraient exposées par inhalation à la silice cristalline, à différents degrés, parce qu'elles travaillent dans la construction, mais aussi dans les carrières, le secteur funéraire, dans la sculpture, dans les travaux de voirie, la peinture ou la verrerie

C'est l'alerte donnée par des études effectuées dans plusieurs pays qui a poussé l'Anses à réitérer ses mises en garde : des cas graves de silicose ont été recensés chez des travailleurs ayant l'habitude de découper des plans de travail en quartz pour cuisines et salles de bains. 

Selon l'Anses, 23 à 30 000 travailleurs en France sont exposés à des niveaux excédant la valeur limite d'exposition professionnelle (VLEP). 

Plus de 60 000 seraient exposés à des niveaux excédant la VLEP la plus basse proposée au niveau international. Plus des deux tiers de ces niveaux d’expositions concernent le secteur de la construction, puis les secteurs de la fabrication des produits minéraux non métalliques, de la métallurgie et des industries extractives.

La silice cristalline à l'origine de nombreuses maladies

Toutes les études publiées confirment le lien avec le développement du cancer broncho-pulmonaire. Si le sujet est atteint d'une silicose pulmonaire, le risque est majoré. Mais même sans silicose préalable, l'exposition à des taux élevés de silice cristalline est dangereuse. La silice cristalline serait liée aussi à un risque accru de développer une maladie auto-immune, comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus systémique ainsi que des affections respiratoires comme la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive).

Une association a été observée dans les études entre l’exposition à la silice cristalline et le risque de pathologie rénale ou d’une pneumopathie infiltrante diffuse de type fibrose pulmonaire idiopathique, mais les données actuellement disponibles sont insuffisantes pour expliquer ces relations de manière précise, selon le communiqué de l'Anses.

L'Anses recommande évidemment de renforcer la prévention et la surveillance médicale des travailleurs exposés, mais aussi de réviser la valeur limite acceptable en France, qui ne serait pas aujourd'hui suffisamment protectrice. L'institution s'adresse également aux particuliers, exposés eux aussi quand ils font de la découpe de carrelage ou de béton, ou même (mais l'exposition est vraiment marginale dans ce cas-là) quand ils s'occupent de leurs chats dont les litières sont riches en silice également.

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