Prématurés
Prématurés © MaxPPP

Afin de sensibiliser les députés aux difficultés liées à la prématurité, une association leur a envoyé une carte postale avec au recto la photo de Louise, prématurée.

L’objectif est clair : interpeller les politiques sur la dure réalité de la prématurité. L’association SOS Prema a donc envoyé à chacun des députés français une carte postale avec au recto la photo de Louise, une prématurée née à cinq mois et quelques jours de grossesse. Le nourrisson est intubé et tient l’index de sa maman. Au verso, son histoire est racontée ainsi que les difficultés rencontrées par ses parents.

"Je suis née le 6 avril à près de 5 mois et demi de grossesse et 610 grammes. (…) J’ai besoin de mes parents chaque jour. (…) Maman fait 300 km par jour pour venir me voir. Papa ne vient que le week-end car il doit travailler. (…) L’essence, le péage, le parking, les repas, l’hôtel lorsqu’ils sont épuisés et la baby-sitter qui garde mon grand frère leur coûtent un Smic par moi"

"Si tout va bien, je sortirai dans trois mois. Je ne pourrai pas aller en crèche car mes poumons sont trop fragiles. (...) J'aurai besoin d'un suivi adapté pour détecter et traiter des séquelles éventuelles", ajoute le texte.

Sur la carte postale, des annotations sont inscrites comme "congés ?", "précarité", "équipement", "suivi", "avenir" pour rappeler les bouleversements possibles dans la vie des parents. L’association espère à travers l’envoi de ces cartes postales qu’un grand nombre de députés intègrent le groupe d'études "Prématurité et nouveau-nés vulnérables" récemment créé à l'Assemblée nationale et présidé par Isabelle Le Callennec, députée (Les Républicains) d'Ille-et-Vilaine. Sur son site internet, l’association demande aux parents de contacter le député de leur circonscription et de lui adresser la lettre qu’ils peuvent personnaliser.

"Un problème de santé publique"

Chaque année, près de 75 000 bébés sont hospitalisés à la naissance et parmi eux, 60 000 sont prématurés. Un chiffre qui représente près de 8% des naissances. En 1995, ce pourcentage était de 5,9%. Une augmentation de 22% en 15 ans que l’association SOS Prema pointe du doigt. Autre chiffre important, trois enfants sur quatre qui décèdent sont des prématurés et 40% des grands prématurés présentent des difficultés ou un handicap.

Écoutez l'enquête de Véronique Julia

L’augmentation du nombre de prématurés en France peut s’expliquer par le développement de la procréation médicalement assistée qui favorise les grossesses multiples, le recul de la maternité, le mode de vie des femmes et les progrès de la science. Pour faire face à ce "problème de santé publique", l’association demande aux politiques d’investir plus de moyens et "de réfléchir à la prévention et à la recherche".

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