"La situation n'a pas changé, elle s'est même aggravée ", estiment les syndicats
"La situation n'a pas changé, elle s'est même aggravée ", estiment les syndicats © MaxPPP

Journée de mobilisation pour les chauffeurs de taxis dans toute la France. Sept mois après les violentes manifestations du mois de juin entre taxis et VTC, ils s'opposent toujours aux pratiques illicites de certains VTC. En fin de matinée, ils ont été reçus à Matignon par Manuel Valls.

Des centaines de chauffeurs de taxis étaient mobilisés mardi matin, à l'appel de deux intersyndicales qui réclament une compensation à la baisse d'activité du secteur et à la chute des prix des licences, dues selon elles à la concurrence de certains VTC qui ne respectent pas la loi et cassent les prix. Les taxis mettent en cause des pratiques illicites sur le terrain des VTC : géolocalisation avant la réservation, occupation de la voie publique, racolage et utilisation détournée des véhicules LOTI (transport collectif de deux à 10 personnes). Les centrales de réservation parisiennes disent enregistrer un repli d'activité de 20 à 30% et les chauffeurs craignent une baisse supplémentaire de la valeur des licences, leur fonds de commerce.

Après des manifestation à Paris et dans plusieurs autres villes dès 6h ce mardi matin, une délégation d'organisations professionnelles de taxis a été reçue en début d'après-midi à Matignon par Manuel Valls, accompagné du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et du secrétaire d'Etat chargé des Transports Alain Vidalies.

Ouverture d'une concertation et nomination d'un médiateur

"Les violences sont inadmissibles, aucune cause ne peut justifier de telles violences", a déclaré Manuel Valls avant d'annoncer le renforcement des contrôles contre les chauffeurs ne respectant pas la loi, l'ouverture d'une concertation dans les 15 jours devant aboutir dans les trosi mois, et la nomination d'un médiateur chargé d'assurer une concurrence saine entre taxis et voitures de tourisme avec chauffeur (VTC).

A l'issue de la réunion, Ahmed Senbel, président de la Fédération nationale des taxis indépendants expliqué que le médiateur

devra faire des propositions pour restaurer l'équilibre économique du secteur et proposer la révision éventuelle des textes législatifs et réglementaires afin de rendre applicable des règles de concurrence saine.

Des rassemblements dans plusieurs villes

A la Porte Maillot et à l'aéroport de Roissy, les rassemblements étaient importants dès 6 heures puisque 300 taxis étaient stationnés selon la Préfecture. Ils occupaient la moitié du site, sans bloquer l'accès à la capitale. Plusieurs dizaines de taxis sont partis "s'occuper du périph" en bloquant des cars à l'une des sorties, les CRS sont intervenus et la circulation a pu reprendre.

Dans la manifestation parmi les taxis, des chauffeurs d’autres pays européens étaient aussi présents avec leurs drapeaux, venus notamment d'Espagne, Italie, Belgique.

Les taxis en colère ce mardi matin
Les taxis en colère ce mardi matin © Radio France / Laurent Kramer

"Aujourd'hui c'est notre survie qui est en jeu, on en a marre des réunions, de négocier", a expliqué Ibrahima Sylla, porte-parole de l'association Taxis de France.

A l'aéroport de Roissy et sur les terminaux d'Orly des centaines de taxis sont également mobilisés.

"Macron, démission", peut-on lire sur des pancartes des chauffeurs en référence au ministre de l'Economie Emmanuel Macron.

Pour les taxis le gouvernement n'a "rien à faire d'autre que de s'attaquer aux taxis parisiens. Ils veulent notre mort", a assuré Samira, 25 ans comme taxi dans la capitale. "On n'en peut plus", demandant à Macron de "réglementer les VTC".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.