Redoutés par les sprinters, attendus par les grimpeurs, alpins, vosgiens ou pyrénéens, les cols font partie intégrante de la dramaturgie du Tour. La course peut s’y perdre ou s’y gagner et ils attirent les spectateurs comme la lumière, les moustiques.

1954 Les cols révélent Bahamontès

Les cols pyrénéens jouent toujours un grand rôle dans le Tour.Axiome plus que jamais vérifié en 1954 : Bahamontès venait de passer professionnel, et on ne savait pas encore de quoi était capable « L’aigle de Tolède ». L’étape de l’enchainement Tourmalet-Aspin-Peyresourde allait le voir faire son premier grand numéro sur le Tour (qu’il gagnera en 1959). Après un travail de sape, il déployait ses ailes, laissant ses adversaires sur place. S’il avait attaqué 5 kilomètres plus tôt, il aurait sans doute enterré les espoirs du futur vainqueur, Louison Bobet, relégué à une minute 45 au sommet de Peyresourde.Bahamontès pour sa première participation se contentera du maillot de meilleur grimpeur du Tour.

Les cols de Bahamontes
Les cols de Bahamontes © Radio France

1961 Les cols pour débloquer la course

L’édition 1961 du Tour est restée dans l’histoire comme l’une des plus verrouillées : dès la ligne de départ à Rouen, l’équipe de France s’impose : victoire d’André Darrigade dans la première demi-étape, victoire et maillot jaune pour Jacques Anquetil dans la deuxième demi-étape, un contre-la-montre autour de Versailles.Fin du suspense : Anquetil ne lâchera plus le maillot jaune jusqu’au retour à Paris 3 semaines plus tard. Et les quelques tentatives de déstabiliser le Normand eurent bien sûr lieu dans les cols.Comme pendant cette 11ème étape entre Turin et Antibes, où les Italiens ne réussirent qu’à glaner quelques points au classement de la montagne.

### 1963 L’Iseran, tremplin pour l’aigle de Tolède Du haut de ses 2770 mètres, séparant la Tarentaise de la Maurienne, l’Iseran peut être considéré comme un des personnages majeurs du Tour.Plus haut col routier des Alpes, il sert souvent de juge de paix : l’oxygène y est rare, les pentes y sont fortes et pour s’y imposer il faut véritablement appartenir à la race des grimpeurs.Ainsi en 1963, Federico Bahamontès va mettre à profit l’étape de Grenoble à Val-d’Isère (remportée par son coéquipier Fernando Manzaneque, « le rude pédaleur de la Mancha ») pour s’emparer du maillot jaune… qu’il cèdera dès le lendemain à Jacques Anquetil, le futur vainqueur. ### 1975 **Technique de descente** Les ascensions permettent souvent aux grimpeurs de faire des différences décisives.Mais derrière, sauf en cas d’arrivée au sommet, il y a de vertigineuses descentes au cours desquelles il peut même arriver aux cyclistes de lâcher leurs suiveurs. Bien des grimpeurs géniaux n’ont pas connu les palmarès qu’ils méritaient en raison de leurs piètres qualités une fois les sommets franchis.Ce n’est pas le cas de Bernard Thévenet, vainqueur en 1975 grâce aux côtes, mais aussi à sa technique en descente.
### 2005 : la confrérie des 100 cols Les cols attirent les spectateurs qui s’y agglutinent pour voir passer leurs héros.Et tous les passionnés veulent s’identifier à ces héros. Alors, ceux qui en ont les moyens physiques viennent, passer leurs étés sur les flancs des Alpes ou des Pyrénées ; et ils enchainent les ascensions. Les plus assidus de tous se sont même regroupé en une confrérie, La confrérie des 100 cols.Pour être initié, c’est en théorie très simple : il faut attester de 100 ascensions référencées.C’est là qu’en pratique, tout se complique.
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