"On s'est fortement éloignés des revendications sur le pouvoir d'achat qui étaient à l'oeuvre en novembre ou décembre. Aujourd'hui les messages se cristallisent contre les institutions", explique Jérémie Mani, spécialiste de Facebook.

Des gilets jaunes rassemblés à Lille pour dénoncer l'interpellation d'Eric Drouet à Paris
Des gilets jaunes rassemblés à Lille pour dénoncer l'interpellation d'Eric Drouet à Paris © Radio France / FRANCOIS CORTADE

Les commentaires Facebook laissés sur les pages des grands médias français sont moins nombreux qu'avant, ils ciblent plus les politiques, la police et les médias, et ils sont beaucoup plus agressifs qu'avant la trêve de Noël, explique à France Inter Jérémie Mani, président de Netino, une entreprise qui modère les pages Facebook de la plupart des grands médias français comme TF1, France Télévisions, Le Monde ou Le Figaro.

Des messages qui ciblent les politiques et les médias

Sur ces grandes pages Facebook, il y a "nettement moins de messages" sur les "gilets jaunes" qu'avant ce qui est directement "corrélé au fait qu'il y a moins d'articles sur internet qui parlent de ça", dit-il. Les articles se sont "un peu diversifiés avec les fêtes"

La tonalité des messages a changé aussi explique Jérémie Mani. 

On s'est fortement éloignés des revendications sur le pouvoir d'achat qui étaient à l'oeuvre en novembre ou décembre et aujourd'hui les messages se cristallisent contre les institutions

"Avec d'un coté les médias qui sont jugés comme non impartiaux par beaucoup de gens. Et puis les politiques, et notamment le gouvernement et le président de la République, qui sont extrêmement critiqués pour l'ensemble de leur bilan depuis mai 2017".

Des commentaires "plus agressifs"

On constate aussi "une plus grande agressivité dans les commentaires" notamment quand ils visent les médias.
Le 31 décembre dernier, il y a eu "un mouvement coordonné d'un grand nombre d'internautes pour s'attaquer aux pages Facebook de grands médias, en même temps, avec des propos insultants", explique le président de Netino qui travaille pour plusieurs grands médias. Cette opération a été menée par "plusieurs centaines de pseudos qui agissaient en même temps" ce qui laisse penser qu'elle a été concertée et organisée "en amont sur des forums ou des groupes Facebook privés".

Des pages Facebook inondées de "Macron dégage"

L'agressivité vise aussi l'exécutif "avec des Macron dégage" répétés des centaines de fois dans une logique de spam, pour inonder les pages Facebook de ce type de commentaires. 

La police est aussi ciblé dans les commentaires. "Tout ce qui ressemble à une autorité de près ou de loin est critiqué", ajoute Jérémi Mani. 

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