Le réseau social avait fait l’annonce au printemps, elle sera appliquée cette semaine dans plusieurs pays dont la France. Tous les nouveaux comptes créés par des adolescents sur Instagram seront, par défaut, en privé. Mais l'utilisateur pourra ensuite modifier le statut.

Instagram renforce à la marge la sûreté des comptes des ados.
Instagram renforce à la marge la sûreté des comptes des ados. © Radio France / Victor Vasseur

Les comptes Instagram des jeunes utilisateurs du réseau social seront par défaut en mode privé lors de l’installation de l’application. Les moins de 16 ans sont concernés, ou 18 ans en fonction des pays. Ceux qui ont déjà un compte recevront une notification. Les utilisateurs mineurs seront incités à faire ce choix. "Nous pensons que les comptes privés sont le bon choix pour les jeunes, mais nous reconnaissons aussi que certains jeunes créateurs peuvent vouloir des comptes publics pour se construire un public" explique la direction de l’application ce mardi dans un communiqué.

"Le problème reste entier"

L’objectif est de protéger les jeunes utilisateurs d’Instagram du cyberharcèlement et de la pédocriminalité explique le réseau social : "Partout où nous le pouvons, nous voulons préserver les jeunes d'être contactés par des adultes qu'ils ne connaissent pas (...) et nous pensons que les comptes privés sont le meilleur moyen"

Un compte privé permet de limiter les internautes qui ont accès à vos contenus. Ils ne peuvent pas voir les photos, ni liker ou commenter si l’utilisateur ne l’a pas accepté. Ces nouvelles mesures seront appliquées en France, mais aussi aux États-Unis, en Australie, au Royaume-Uni et au Japon, puis étendues. "Mais le problème reste entier" estime Yasmine Buono, fondatrice de Générations Connectées Net Respect. Elle intervient depuis dix ans dans les écoles pour sensibiliser notamment sur les dangers des réseaux sociaux. "Pour un enfant comme pour un adulte, la réputation se fait aussi par le nombre d'abonnés. Dans les classes, on m'a déjà dit : 'On n'a pas de vie si on n'a pas d'abonnés'. Être en privé, c'est le contraire d'un réseau social." Selon Yasmine Buono, avec cette mesure, Instagram rejette sa responsabilité sur celle des parents

22,7% des 11-12 ans utilisent Instagram d'après un sondage

En printemps dernier, l’idée de créer une version d’Instagram pour les moins de 13 ans a offusqué. Plus d’une vingtaine d’organisations de défense des droits des enfants sont montées au créneau et ont adressé une lettre au patron de Facebook, propriétaire d’Instagram, pour lui demander d’abandonner le projet. En mai, une quarantaine d’États américains avaient à leur tour réclamé le retrait de ce projet. Pour les procureurs américains "l'utilisation des réseaux sociaux peut être préjudiciable à la santé mentale et au bien-être des enfants, qui ne sont pas armés pour faire face aux risques." Selon eux, une mauvaise utilisation des réseaux sociaux aggrave le risque de dépression, de pulsions suicidaires et des troubles de l’alimentation comme l’anoxie et la boulimie.

Il faut au minimum 13 ans pour s’inscrire sur Instagram, comme Snapchat et TikTok. Mais de nombreux jeunes contournent cette limite d’âge en inscrivant une fausse date de naissance. Une étude publiée en 2020 par l’agence de communication Heaven montrait que 22,7% des 11-12 ans utilisait Instagram. Ils étaient 42,3% sur Snapchat. En mars, Instagram promettait d’autres mesures, comme l’interdiction aux adultes d’envoyer des messages privés (DM) à des adolescents qui ne les suivent pas sur le réseau social.