Les chiffres de l'association Vélo et territoires que révèle mercredi France Inter montrent une progression importante de l'usage de ce moyen de transports depuis le début du déconfinement. C'est vrai dans les grandes villes mais encore plus dans les territoires péri-urbains ou ruraux.

À Paris comme ailleurs, les cyclistes ont pris pleine possession des pistes cyclables, fixes ou temporaires.
À Paris comme ailleurs, les cyclistes ont pris pleine possession des pistes cyclables, fixes ou temporaires. © AFP / Hans Lucas / Philippe Labrosse

C'est l'une des alternatives majeures aux transports en commun et à la voiture individuelle. Le vélo apparaît depuis quelques semaines comme une solution pour éviter de se masser dans les métros ou les bus, pour éviter aussi de se confiner en solo dans sa voiture polluante. S'il avait déjà séduit pendant la grève de l'hiver dernier, ce mode de déplacement, encouragé par un plan gouvernemental de 20 millions d'euros, semble être en progression depuis le début du déconfinement, à en croire les chiffres publiés mercredi par Vélo et territoires dans une note. Selon les chiffres de l'association, la fréquentation vélo des axes mesurés a augmenté de 44 % pendant la première semaine du déconfinement, en comparaison à la période allant du 1er janvier au début du confinement, le 17 mars. Pour cette première semaine déconfinée, du 11 au 17 mai, cela représente 11 % de passages en plus par rapport à la même période l'an dernier.

Pour effectuer son analyse, l'association s'est basée sur les relevés de 182 compteurs installés sur des itinéraires cyclables en milieu urbain, péri-urbain ou rural à travers l'hexagone et calibrés pour détecter les passages des vélos. Ces compteurs – implantés par exemple à Paris, Lille, Lyon, Nantes, Rennes, Chambéry ou bien Tours –  ont été sélectionnés selon leur localisation, leur bon fonctionnement mais aussi selon la plage de données disponibles et leur qualité (pas de trous ou de données aberrantes). Ils sont enfin tous dotés d'un système de transmission automatique des données. 

Fréquentation globale en hausse, en milieu urbain comme rural

"Ce que l'on observe sur la première semaine de déconfinement est plutôt positif pour le vélo", se félicite Stéphanie Mangin, en charge de l'observation du vélo au sein de Vélo et territoires. "La semaine du 11 au 17 mai enregistre 44% de passages par rapport à la moyenne observée avant déconfinement, soit du 1er janvier au 17 mars", explique-t-elle. Il faut en plus noter qu'en cette première semaine de déconfinement, beaucoup de salariés restent confinés. Notons également que ceux qui se déplacent, le trafic routier n'ayant pas totalement repris, peuvent se sentir plus en sécurité actuellement. 

Plus largement, Stéphanie Mangin observe une forte impulsion au moment des grèves (décembre-janvier), une cassure au moment des vacances de février et une tendance à la hausse observée juste avant le confinement. "On retrouve cette tendance et ça ne peut que progresser, puisque janvier, février et mars sont les moins bons mois de l'année pour la pratique du vélo" en raison de la météo. Sans surprise, la période du confinement enregistre une forte chute : - 62 %. 

En milieu urbain la progression est de 27 %, mais "les grands gagnants de cette première semaine de déconfinement se trouvent en milieux périurbains ( 138 %) et ruraux ( 197 %)", note le rapport. Des chiffres à nuancer car le volume de vélos est loin d'être équivalent : en moyenne 1188 vélos par compteur et par jour dans les villes contre quelques centaines en milieu périurbain ou rural. 

En vélo aussi, les heures de pointes "lissées"

Les volumes de fréquentation d’avant confinement sont donc "égalés partout", selon Vélo et territoires. De plus, la pratique du vélo, habituellement concentrée en semaine sur les même pics que les heures de pointes, "s’étale aujourd’hui davantage sur la journée", constate l'association. Et même, "en milieu urbain, comparée à la situation avant confinement, la fréquentation est en baisse sur les heures de pointes (7h-9h et 17h-19h) et elle augmente sur le reste de la journée".  

Les heures de pointes ont été "lissées" aussi en vélo.
Les heures de pointes ont été "lissées" aussi en vélo. / Vélo et territoires

Avec la fin des restrictions de circulations, les cyclistes ont aussi été très nombreux pour le premier week-end déconfiné "qui enregistre deux fois plus de fréquentation qu’à la même période de 2019"

En revanche, par d'évaluation des itinéraires provisoires pour le moment : l'association lance un appel à la remontée des compteurs qui pourraient être installés sur ces pistes temporaires afin de mesurer l'impact de ces aménagements. D'ailleurs, "il pourra potentiellement y avoir des baisses sur certains points de comptage fixes" si les cyclistes se reportent massivement sur ces nouvelles voies. 

À Paris, l'usage du vélo en forte hausse 

Pour l'instant, Vélo et territoires ne propose pas d'analyse ni de comparaison selon les villes qui partagent les informations de leurs compteurs. Cela arrivera dans un second temps, avec un bulletin actualisé toutes les deux semaines, précise Stephanie Mangin. Et malheureusement, exceptée Paris, quasi aucune ville ne proposent une visualisation des données de ses compteurs en "open data". 

Néanmoins, dans la capitale, on constate effectivement un rebond depuis le 11 mai.Alors que, comme nous l'évoquions plus tôt, tous les salariés n'ont pas encore repris leurs déplacements et que les premiers mois de l'année ne sont pas propices à la pratique du vélo, la première semaine de déconfinement retrouve largement le niveau de fréquentation des itinéraires cyclables de la période février-mars. 

Le 19 mai 2020, les compteurs parisiens enregistraient en moyenne 75 passages par heure contre une soixantaine avant le confinement et une cinquantaine la même semaine l'an dernier. 

Depuis le 11 mai, le nombre de passage vélos à largement retrouvé son niveau avant confinement à Paris.
Depuis le 11 mai, le nombre de passage vélos à largement retrouvé son niveau avant confinement à Paris. / Source : opendata.paris.fr

Toujours dans la capitale, le service Vélib a également estimé que la fréquentation de cette première semaine déconfinée était comparable à début mars. Les vélos parisiens en libre service sont aussi plus empruntés l'après-midi, avec une hausse dès 15 heures et un pic à 18h. 

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