En 2012, le collectif Stop Contrôle au Faciès organisait de faux contrôles dans le quartier des Halles à Paris
En 2012, le collectif Stop Contrôle au Faciès organisait de faux contrôles dans le quartier des Halles à Paris © MaxPPP

C'était une promesse de campagne de François Hollande : bannir les contrôles au faciès des pratiques policières. Bien au contraire, un collectif dénonce aujourd’hui leur recrudescence, en même temps que le déni des autorités sur ce sujet sensible.

Le collectif Stop Le Contrôle Au Faciès a été créé en 2011, pour dénoncer cette pratique que le candidat François Hollande voulait éradiquer. Cinq ans plus tard, le bilan est mauvais : non seulement ces contrôles sont loin d’avoir disparu, maisils se sont multipliés, conséquence directe de l’état d’urgence prononcé par le gouvernement au lendemain des attentats du 13 novembre 2015.

Des contrôles quotidiens avec insultes

Recueillis par le collectif Stop Le Contrôle Au Faciès, les témoignages sont éloquents : des personnes contrôlées plusieurs fois dans la même semaine , par la même patrouille, parfois de manière quotidienne, et avec violence. Les insultes , aussi, sont racontées : "gros lard", "macaque", tout comme les palpations génitales, fréquentes dans 10% des cas .

Au total, selon le rapport du collectif qui compile cinq ans d'activité, 2283 personnes ont contacté le service juridique de la structure, 616 témoignages ont été approfondis, parmi lesquels 48% s'avèrent être des contrôles au faciès : des contrôles basés sur l'apparence et non sur le comportement.

Nassim Lachelache, membre du collectif, et adjoint au maire de Fontenay-sous-Bois,lui-même contrôlé trois fois en 2015 :

Dans l’un de mes contrôles sur les trois, le policier lui-même a reconnu qu’il s’agissait d’un contrôle au faciès, et cela ne lui posait pas de soucis. Ça devient la norme (Nassim Lachelache)

Le déni de la justice

Et cette norme a des conséquences non négligeables sur les adolescents, comme l’explique cette responsable associative à Villepinte, également membre du collectif :

On est en ce moment à la recherche de psychologues, parce qu’on est confronté à des jeunes en perte d’identité. Il y a le contrôle, mais aussi le manque de respect quotidien, par exemple quand on mets ces adolescents à genoux : que vont devenir ces gamins dans quelques années ? (…) Cela devrait clairement rentrer dans la lutte contre la radicalisation ( Laetitia Nonone, responsable associative et membre du collectif Stop Contrôle au Faciès)

Le collectif évoque le déni du gouvernemental, mais aussi celui de la justice .

Seuls 7% demandent à "aller plus loin". Au final, 5% des victimes portent plainte. Plus de 73% des plaintes sont refusées.

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