Information France Inter - 10 000 contrôles, contre 20 000 l'an passé. Une décision assumée par le gouvernement, bien que le risque d'abus dans les hôtels, les restaurants ou sur les marchés soit plus élevé en pleine saison. Il s'agit de ne pas brusquer les professionnels du tourisme, fragilisés par la crise.

Un contrôle de la DGCCRF dans un restaurant (photo d'illustration)
Un contrôle de la DGCCRF dans un restaurant (photo d'illustration) © AFP / Julien Thomazo / Photononstop

"Mettre un peu moins de pression" sur le secteur du tourisme : voilà comment Bercy justifie la diminution du nombre de contrôles de la répression des fraudes cet été sur les lieux de vacances.

Selon une note de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) que France Inter s'est procurée, les objectifs de contrôles pour la saison estivale 2020 sont "divisés par deux" par rapport à l'an dernier. 10.000 contrôles sont programmés, contre 20 000 pour l'été 2019. 

Les marchands de glace et les restaurants en bord de mer ont donc moins de chances de voir débarquer les agents de la DGCCRF.

Ces derniers sont aussi invités à se montrer moins sévères. Cet été, en cas d'anomalie détectée, près de 80 % des contrôles se sont soldés par un simple rappel à la loi. En temps, normal, cette clémence concerne seulement deux cas sur trois.

Des contrôles plus ciblés, en fonction des plaintes

Le gouvernement assume ce choix : "Les professionnels du tourisme ont été éprouvés par le confinement, on souhaitait leur mettre un peu moins de pression", explique un conseiller ministériel.

D'ailleurs, à Bercy, on ne parle pas de clémence mais de "pédagogie", face à des entreprises déjà préoccupées par la mise en place des nouvelles normes sanitaires

Moins de contrôles, mais davantage ciblés, en fonction des plaintes des consommateurs, assure le ministère. Il dit compter sur la bonne foi des chefs d'entreprises. Une pédagogie relayée sur le terrain, mercredi matin, par Alain Griset. Le ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises, a supervisé, sur un marché de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), une "opération de prévention" auprès des commerçants. 

Ce ralentissement des contrôles inquiète Emmanuel Paillusson, co-secrétaire général du syndicat Solidaires à la DGCCRF : 

"On comprend bien que les professionnels [du tourisme] sont un peu énervés par la période qu'on a traversée, avec le confinement, la fermeture des restaurants, la réouverture un peu compliquée... Mais nous avons la crainte de laisser passer de grosses "affaires", comme des entreprises qui fraudent sciemment. Cette baisse du nombre de contrôles, il ne faudrait pas que cela devienne la norme pour les années futures, sinon nous allons perdre notre rôle essentiel de protection des consommateurs !"

Comment trouver le bon équilibre entre la pédagogie et le laxisme ? L'entourage du ministre Alain Griset souligne que d'autres types de fraudes (fraude à la transition énergétique ou démarchage téléphonique abusif) restent parmi les priorités de la DGCCRF, avec un nombre de contrôles inchangé. 

Quant aux commerces touristiques, seront-ils davantage surveillés l'été prochain ? "Cela dépendra de l'évolution de l'épidémie", répond Bercy.