Le projet de loi contre les violences sexuelles et sexistes était présenté ce mercredi 21 mars au conseil des Ministres. Il évoque la verbalisation du harcèlement de rue, l'âge du consentement sexuel fixé à 15 ans. Des mesures sont aussi envisagées contre le cyber-harcèlement.

Le cyber-harcèlement a été reconnu comme un délit en 2014.
Le cyber-harcèlement a été reconnu comme un délit en 2014. © AFP / Erik Nylander

Le texte de loi prévoit de punir tous ceux qui participent à ce qu’on appelle des "raids numériques", c'est-à-dire des actions de harcèlement ciblé et organisé notamment sur les réseaux sociaux. Les cyber-harceleurs seront sanctionnés dès le premier message insultant, menaçant ou dégradant. Il s'agit d'une nouveauté car auparavant, le harcèlement en ligne se caractérisait par des attaques répétées sur Internet.

Ce phénomène touche surtout les adolescentes, comme l'explique Marie Alibert, la porte-parole de l'association Osez le féminisme. :

c'est un problème qui concerne particulièrement les filles. Cela donne lieu à des harcèlements à caractères sexistes sur leurs pratiques sexuelles, leurs façons de se vêtir.... Aujourd'hui, les filles qui sont harcelées dans le cadre du collège, quand elles rentrent chez elles, cela se poursuit en ligne avec parfois des menaces, parfois des incitations au suicide."

Jusqu'à présent, le harcèlement en ligne était difficile à sanctionner. En effet, il existe un flou juridique qui entoure les réseaux sociaux.  Aurélie Latourès travaille au centre Hubertine Auclert, sur les questions de cyber-harcèlement et se réjouit au sujet de ce texte de loi : "C'est une très bonne nouvelle qui va permettre de rompre avec l'impunité dont pouvait bénéficier les agresseurs. Cela vient renforcer un arsenal législatif qui est assez récent sur le cyber-harcèlement. Cela va vraiment répondre à un vide juridique. "

Les cyber-harceleurs risqueront désormais 45.000 euros d'amende et jusqu'à 3 ans de prison. 

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