Avec la fin consommée du tout-voiture, comment promouvoir les déplacements à vélo dans les villes ? Une vaste étude de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) pointe les réticences des urbains à enfourcher leur deux-roues. Et la responsabilité des collectivités pour les lever.

Dans les villes françaises, 1 personne sur 10 s’estime « respectée » par les conducteurs de véhicules à moteur, estime la Fédération des usagers de la bicyclette.
Dans les villes françaises, 1 personne sur 10 s’estime « respectée » par les conducteurs de véhicules à moteur, estime la Fédération des usagers de la bicyclette. © AFP / Philippe Lopez

Entre septembre et novembre 2017, ils ont été 113 009 à répondre à un questionnaire soumis par la Fédération des usagers de la bicyclette, dans le cadre des Assises nationales de la mobilité. Des hommes en majorité (58%), dans la fleur de l’âge pour la moitié d’entre eux (25-44 ans), et majoritairement cyclistes (77% se déplacent au moins une fois par semaine à vélo). Au total, 316 communes – qui ont reçu plus de 50 réponses – sont représentées. Bien assez pour évaluer les réticences à enfourcher une petite reine bien maltraitée par les Trente Glorieuses.

Frein n°1 : l’insécurité

L’insécurité sur la route : 80 % des participants à l’étude de la FUB estiment que, à vélo, il est important d’être séparé du trafic motorisé. Un indicateur qui ne trompe pas : si l’on est prêt à prendre des risques pour soi, la quasi totalité des contributeurs à l’étude (90%) juge que « les conditions actuelles ne permettent pas aux enfants ou aux personnes âgées de se déplacer à vélo ». 41% des non cyclistes, d’ailleurs, ne se sentent pas en sécurité à vélo, et ils ne sont pas moins nombreux à attendre des aménagements spécifiques pour s’y mettre.

Frein n°2 : l’incivisme

Il est certes important d’aménager des espaces réservés au vélo. Mais parmi les répondants, à peine 1 sur 10 s’estime « respecté » par les conducteurs de véhicules à moteur.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dans les faits, 9 sur 10 constatent par exemple que des conducteurs se garent fréquemment sur les itinéraires cyclables qui leur sont réservés. Par ailleurs, à l’heure du (coûteux) vélo électrique (et autres deux-roues haut de gamme), un minimum de respect pour le bien d’autrui conforterait les cyclistes (et ceux qui aspirent à le devenir) : 92 % des répondants estiment que les vols de vélo sont fréquents et craignent pour la sécurité de leur véhicule.

Frein n°3 : l’inconfort

Pour 80% des répondants, il n’est pas facile de stationner son vélo près des gares ou stations de transports en commun. L’intermodalité – l'utilisation de plusieurs modes de transport au cours d'un même déplacement – est pourtant un levier pour ceux qui viennent de loin. Parmi les non cyclistes, 1 personne sur 4 estime habiter trop loin de son lieu de travail ou d’études pour s’y rendre à vélo. Un mode de transport que 69% des personnes interrogées utilisent justement pour aller… au boulot.

Les classements et les résultats pour chaque commune seront communiqués le 16 mars 2018, à l’occasion du congrès de la FUB qui se tiendra à Lyon. 

Thèmes associés