Tous les déchets nucléaires ne se valent pas. Il y a ceux qui sont particulièrement radioactifs, qui doivent en principe être stockés dans le futur projet Cigéo à Bure... Et les autres, les plus nombreux, que l'on n'est pas obligé de stocker sous terre. Or leur centre de stockage le plus récent est presque plein.

Employés de l'ANDRA en 2005 au centre de Soulaines-Dhuys (Aube)
Employés de l'ANDRA en 2005 au centre de Soulaines-Dhuys (Aube) © AFP / Olivier Laban-Mattei

La France stocke aujourd'hui 1,5 million de mètre cubes de déchets nucléaires, l'équivalent de 400 piscines olympiques, et les plus dangereux pourraient tenir dans une seule piscine.

Pour faire une autre analogie, d'après l'inventaire national de l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (l'Andra), chaque Français produit une demie brique de lait de déchets nucléaires par an ; les plus dangereux représentent une cuillère à café. Un café qui serait bien sûr hautement toxique, et ce pendant plusieurs centaines de milliers d'années.

Dans son inventaire national des matières et des déchets nucléaires français, publié tous les trois ans et rendu public ce vendredi 13 juillet, l'Andra se demande quoi faire avec les autres déchets, ceux faiblement ou très faiblement radioactifs (vêtements, outils, gravats, terre...) Leur centre de stockage ("la poubelle") dans l'Aube est presque plein, et c'est déjà le deuxième (après un premier centre rempli dans la Manche, près de La Hague).

Selon Soraya Thabet, directrice sûreté environnement et stratégie filières à l'Andra, "quand toutes les centrales en fonctionnement seront démantelées, on devrait produire environ 2 millions de mètres cubes de déchets très faiblement radioactifs. Le centre existant est dimensionné pour prendre 650.000 mètres cubes. Il pourrait arriver à saturation en 2025-2030."

Parmi les solutions proposées par l'Andra : augmenter la capacité d'accueil du centre (en optimisant son remplissage, en compactant mieux les déchets, en augmentant la taille des alvéoles de stockage...), ce qui "permettrait d'arriver à 900.000 mètres cubes".

Vers un troisième centre de stockage en France ?

Mais ce sera insuffisant. D'autre solutions plus "sensibles" sont à l'étude, comme l'ouverture à plus long terme d'un autre centre de stockage. Il y a enfin, l'épineuse question de "l'optimisation" de certains déchets. Des études sont en cours, par exemple, pour décontaminer certains métaux.

L'Andra propose aussi d'utiliser les gravats très faiblement radioactifs dans ses centres, par exemple pour combler des vides. Mais dans la filière du BTP, cette pratique est aujourd'hui strictement interdite.

Faut-il ouvrir un nouveau centre de stockage pour les déchets nucléaires, et où ? C'est l'une des questions sensibles à laquelle le prochain plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) devra répondre. Les Français pourront donner leur avis à la rentrée, puisque ce plan est soumis est au débat public à l'automne.

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