Tous les devoirs faits au collège plutôt qu'à la maison pour les élèves qui le souhaitent : cette promesse, censée contribuer à réduire les inégalités entre familles, entre en vigueur.

Collège de Muret près de Toulouse
Collège de Muret près de Toulouse © AFP / REMY GABALDA

Elle sera étendue l'an prochain au primaire.  Avec la mesure "devoirs faits", le principe revient à offrir un soutien scolaire gratuit aux collégiens pour lutter contre les inégalités. 

Certains élèves ne peuvent pas se faire aider à la maison pour effectuer leurs devoirs, d'autres ne disposent pas d'un cadre serein pour les faire. Quelles que soient les circonstances familiales, l'aide aux devoirs remet tout le monde à égalité. 

Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT, met toutefois en garde car "la mise en œuvre est un peu précipitée : elle intervient alors que les emplois du temps sont déjà calés, et il va falloir s'assurer que ce sont bien les élèves qui en ont le plus besoin qui en bénéficient".

Il s'agit d'un nouveau chantier pour le collège, après l'assouplissement de la réforme du collège (avec le retour des classes bilangues) et une modification probable du brevet pour la session 2018.  

Cette mesure devrait être étendue au primaire à la rentrée prochaine. Elle devrait dans un premier temps concerner environ le quart des collégiens mais "cela pourrait monter à 35% des élèves lorsque le dispositif sera mieux connu", estime le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer.

Moyens humains

Professeurs volontaires payés en heures supplémentaires et assistants d'éducation seront mobilisés. Le monde associatif, déjà très présent dans le domaine de l'aide aux devoirs, devrait aussi être impliqué.  S'y ajoutent 7 000 jeunes en service civique. "Mais notre objectif est d'atteindre 10 000", assure le ministre.  "S'agit-il d'études surveillées, d'une simple mise à disposition aux élèves d'un lieu pour faire leurs devoirs ou bien d'une véritable aide méthodologique?" s'interroge la secrétaire générale du Snes-FSU, pour qui les objectifs de cette mesure doivent encore être précisés.  

En fonction des buts recherchés, une qualification des personnels assurant sa mise en œuvre pourrait s'avérer nécessaire. Claire Krepper, secrétaire nationale du Se-Unsa rappelle que la mesure n'est "pas nouvelle" :  "Il y a déjà eu moult dispositifs, comme l'accompagnement éducatif", mis en place en 2008 dans les écoles des quartiers défavorisés puis étendu aux collèges, qui proposait aux élèves des activités pédagogiques et éducatives après la classe.  Selon Jean-Michel Blanquer, 220 millions d'euros seront destinés à financer ce dispositif pour les collégiens en 2018.

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