Beaucoup de professions sont encore fermées aux diabétiques. Si ces interdits ont pu se justifier par le passé, les associations de diabétiques les jugent aujourd'hui dépassées.

Pourquoi autant e métiers sont-ils interdits aux diabétiques ?
Pourquoi autant e métiers sont-ils interdits aux diabétiques ? © AFP / Caia Image / Science Photo Libra / New / Science Photo Library

Il existe en France toute une série de métiers interdits aux diabétiques, qui ne peuvent pas être pompier, marin, pilote, contrôleur aérien, hôtesse de l'air. Et pas davantage "pervenche" : la police, les carrières militaires sont fermées aux diabétiques, de même que l'Ecole Polytechnique.

Si ces interdits ont pu se justifier par le passé, les associations de diabétiques les jugent aujourd'hui totalement obsolètes. Elles lancent donc ce lundi une pétition sur jefaisunvoeu.fr, pour qu'on fasse évoluer les choses, car le traitement du diabète a changé et dans le bon sens.

Karaté oui, police non

Alizée Agier est championne du monde de karaté. Cela fait des années qu'elle foule les tatamis pour les plus grandes compétitions internationales. Pourtant, à 22 ans, Alizée Agier n'a pas pu rentrer dans la police. Refusée pour cause de diabète, explique-t-elle : "J'ai réussi les examens écrits, les test physiques haut la main. Pour la dernière étape ils voulaient tout de même l'accord du médecin qui m'a refusée. C’est dommage".

Cet accès interdit à certains métiers peut se comprendre dans des cas très particuliers, qui empêcheraient qu'on suive son traitement. Mais sinon aujourd'hui, un diabétique peut tout faire ou presque, sans se mettre en danger ni mettre en danger autrui.

On peut être policier dans un laboratoire et soldat ailleurs qu'en opération

C'est le sens de cette pétition portée notamment par l'association des jeunes diabétiques et son président, le pédiatre endocrinologue Marc de Kerdanet : "Pourquoi les empêcherait-on de faire de la police scientifique dans un laboratoire, sous prétexte que c'est dans la police, et c’est pareil dans l’armée. Plein de métiers militaires n'impliquent pas de se retrouver en opération au Tchad !"

Car pour Marc de Kerdanet, ces interdits reposent sur des représentations anciennes de la maladie : "Dans les années 50 les gens passaient la moitié de leur vie à l'hôpital, et avaient très souvent des hypoglycémies avec des pertes de connaissances. Mais ce n’est plus du tout la réalité aujourd'hui, on peut vivre en bonne santé avec un diabète. 60 % des gens qui ont un diabète de type 1 n'ont jamais eu d'hypoglycémie sévère."

Les associations plaident donc pour qu'on réévalue l'accès à chaque métier, et qu'on étudie si nécessaire certaines situations au cas par cas.

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