L'étude Trajectoires et origines dévoilée ce vendredi
L'étude Trajectoires et origines dévoilée ce vendredi © Ined-Insee / Ined-Insee

C’est une étude d’envergure qu’ont mené l’Ined et l’Insee pendant plus de dix ans auprès de 22 000 personnes immigrées en France. Pour en venir à ce constat : les discriminations sont toujours bien présentes en France.

L’étude démontre que ce sont toujours les mêmes groupes qui sont en situation de désavantage . A qualification égale, le taux de chômage est plus important chez les personnes immigrées qui en général ne déclarent pas être victimes de discriminations.

La question du racisme est également abordée. Les personnes qui viennent d’Afrique subsaharienne, des DOM ou du Maghreb sont les plus nombreuses à avoir déclaré être victimes de propos ou d’actes racistes, plus de 50% selon l’étude. Quand les personnes nées en France métropolitaine, de deux parents français à la naissance ( « la "population majoritaire » ) sont 15% à dire en avoir été la cible.

Malgré un sentiment de rejet que peuvent ressentir certains immigrés, la plupart d’entre eux déclare « se sentir Français » et « se sentir chez eux en France » . 56% des personnes immigrées non naturalisées déclarent également se sentir Françaises. Sans pour autant renier leurs origines.

Des différences entre les générations

Les enfants d’immigrés sont également confrontés aux problèmes de chômage, de racisme et aux différentes discriminations.

Contrairement à leurs parents, ils sont plus nombreux à ne pas vivre en logement social, en zone urbaine sensible ou dans des quartiers où le chômage est important. Si lesfils d’immigrés occupent souvent des postes moins importants que leur père , lesfilles d’immigrées accèdent elles à des situations plus favorables que leur mère, notamment car elles sont généralement plus diplômées. Les femmes descendantes d'immigrés sont plus confrontées au chômage que les hommes descendants d'immigrés. Au niveau des salaires, les hommes sont plus discriminés que les femmes en raison de leurs origines. Ils sont aussi plus nombreux que les femmes à avoir déclaré être victimes de discrimination ou de racisme.

Malgré ces inégalités qui persistent, les enfants d'immigrés s'identifient bien plus que leurs parents à la France.

A l’enquête de conclure :

si défaut d’intégration il y a, il est à rechercher du côté d’une société qui peine à accepter les minorités et à dépasser les stéréotypes qui fondent les discriminations et le racisme dont ils sont l’objet.

►►► Consultez l'étude de l'Ined et l'Insee "Trajectoires et origines" ici

►►► ECOUTEZ le reportage de Thibault LEFEVRE dans une famille d'origine algérienne installée depuis plus de 40 ans en France

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