Le réseau Recherches et Solidarités s'inquiète ce lundi de la stagnation des dons en France. Dans son baromètre publié par le journal La Croix, on constate en effet une baisse du nombre de donateurs même si certains indicateurs sont rassurants, à commencer par le montant des dons, en hausse, surtout chez les jeunes.

L'Association française contre les Myopathies reste le premier organisme collecteur, suivie des Restos du Cœur, de la Crois-Rouge, le Secours catholique et Médecins sans frontières.
L'Association française contre les Myopathies reste le premier organisme collecteur, suivie des Restos du Cœur, de la Crois-Rouge, le Secours catholique et Médecins sans frontières. © Maxppp / Jean-François FREY

Les donateurs français sont plus généreux mais moins nombreux. Le réseau Recherches et Solidarités publie ce lundi dans La Croix sont 22e baromètre de la générosité et constate une stagnation globale des montants des dons. Stagnation qui, selon le baromètre, s'explique par la baisse de 4 % du nombre de foyers ayant déclaré un don à une association lors de leur déclaration de revenus en 2016.

Pour les experts à l'origine du baromètre, c'est la première fois que la progression ralentit aussi nettement depuis les grandes grèves de 1995. Et encore, souligne Jacques Malet, fondateur du réseau : "à l'époque, les chiffres étaient moins précis" car ils confondaient les dons aux associations et ceux aux partis politiques.

En 2016, le montant des dons déclarés se situe à 2,49 milliards d'euros, contre 2,48 milliards en 2015. Un arrêt de progression significatif après les hausses remarquées en 2014 et 2015, respectivement de 7,2 % et 3,7 %.

Les résultats 2016 sont d'autant plus "préoccupants" que le réseau Recherches et Solidarités ne parvient pas à l'expliquer : le niveau "assez haut" du moral des Français mesuré par l'Insee et le bilan mondial "particulièrement lourd" des catastrophes naturelles, "qui mobilisent habituellement la solidarité des Français", avaient laissé espérer une année "plus satisfaisante".  

Les plus jeunes contribuent peu mais sont généreux

Tout n'est cependant pas noir. Le baromètre indique également une hausse du don moyen de 5 % : chaque donateur ou chaque foyer donateur a donc versé, en moyenne, 472 euros à une ou plusieurs associations. Autre chiffre encourageant, celui de l'effort des plus jeunes. Comparés à leurs ressources, les moins de 30 ans ne représentent que 4 % des donateurs et 3 % des montants, mais versent déjà, en moyenne, 335 euros par an. 

Un effort tel qu'il devance légèrement celui des plus de 60 ans, historiquement la part la plus haute de la population en nombre de donateurs, mais aussi en montants. Nos aînés représentent ainsi plus de la moitié des donateurs (53 %) et des montants (58 %) et les plus de 70 ans affichent le montant moyen déclaré le plus haut (536 euros), ce qui représente un effort soutenu au regard de leurs ressources.

4,5 milliards d'euros de dons estimés en 2016

En incluant les dons non déclarés, Recherches et Solidarités estime que le montant total de la collecte de 75 grosses associations et fondations a avoisiné les 4,5 milliards en 2016, montant proche de 2015.  

Les cinq premiers organismes collecteurs sont l'Association française contre les Myopathies, les Restos du Coeur, la Croix-Rouge, le Secours catholique et Médecins sans Frontières.  

Au classement des communes concentrant la plus grande densité de donateurs, Versailles, Neuilly-sur-Seine et Strasbourg constituent le trio de tête.  Par ailleurs, les dons aux associations diocésaines de l'Eglise catholique ont augmenté de 1,3 % en 2016 à 490,4 millions d'euros, malgré une baisse de 2,6 % du nombre de donateurs.  

Les dons déclarés destinés aux partis politiques (qui apparaissent depuis 2013 de façon distincte dans les déclarations de revenus des contribuables) ont pour leur part vu leur montant diminuer de 11 % en 2016 à 83,7 millions d'euros, tandis que le nombre de donateurs baissait de 11 % également à près de 292 000.

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