Le nouveau "confinement" commence dans la nuit de jeudi à vendredi et concerne tout le territoire national, jusqu'au 1er décembre. Les crèches, écoles, collèges, lycées restent ouverts. Certains commerces pourraient rouvrir dans 15 jours, après une évaluation.

Pour Emmanuel Macron, "si les efforts consentis ont été utiles, cela ne suffit plus."
Pour Emmanuel Macron, "si les efforts consentis ont été utiles, cela ne suffit plus." © Capture d'écran

"Si les efforts consentis ont été utiles, cela ne suffit pas, cela ne suffit plus." "Nous sommes tous surpris par l'évolution du virus", a déclaré Emmanuel Macron : "Nous sommes débordés par une deuxième vague qui sera sans doute plus dure et plus meurtrière que la première." Le chef de l'État a annoncé ce mercredi à 20h une "nouvelle étape" dans les restrictions, face à la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 qui déferle sur la France, lors d'une allocution de 23 minutes. Que retenir de ces nouvelles annonces ?

Confinement à jeudi minuit  "jusqu'au 1er décembre"

"J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus", a annoncé le chef de l'État : "Tout le territoire national est concerné, avec des adaptations pour l’Outre-mer." Un reconfinement "a minima jusqu'au 1er décembre." Certains commerces pourraient rouvrir dans 15 jours. L'objectif est de passer de 40.000 cas par jour à 5.000.

"Tous les 15 jours, nous ferons le point sur l'évolution de l'épidémie, nous déciderons le cas échéant de mesures complémentaires et nous évaluerons alors si nous pouvons alléger certaines contraintes, en particulier sur les commerces", a indiqué le président de la République.

Les écoles restent ouvertes, les facs "à distance"

Les écoles, "crèches, écoles, collèges, lycées", resteront ouvertes, mais l' "enseignement supérieur se fera à distance". De son côté, "le travail continuera", a poursuivi Emmanuel Macron, avec le télétravail généralisé "partout où c'est possible", et les Ehpad et maisons de retraite pourront toujours accueillir des visiteurs, "dans le respect des règles sanitaires."

Commerces "non-essentiels" fermés

"Les commerces non essentiels, notamment les bars et restaurants, seront fermés", a déclaré Emmanuel Macron. Il a aussi annoncé un "plan spécial" , qui sera dédié aux travailleurs indépendants, aux commerçants, ainsi qu'aux TPE et PME. Certains commerces pourraient rouvrir dans 15 jours à l'issue d'une évaluation.

Le retour de l'attestation de sortie

Ce nouveau confinement signe "le retour de l’attestation" pour se déplacer. "Les réunions privées seront exclues, les rassemblements publics interdits", a signalé Emmanuel Macron.

Il sera possible de sortir uniquement pour travailler, se rendre à un rendez-vous médical, porter assistance à un proche, faire des courses "essentielles" ou prendre l'air "à proximité" de son domicile.

Les déplacements entre régions interdits

Les Français ne pourront "pas se déplacer d’une région à l’autre", a souligné Emmanuel Macron, avec néanmoins une "tolérance" durant ce week-end de retour de vacances. "Les frontières intérieures à l'espace européen seront ouvertes, celles à l'étranger fermées sauf exception", indique le président. Les voyageurs seront systématiquement testés à leur arrivée sur le territoire.

Les cimetières restent ouverts

Les cimetières "demeureront ouverts" à la Toussaint malgré le confinement, a annoncé Emmanuel Macron : " Je veux que nous puissions continuer à enterrer dignement nos proches."

"L'espoir de célébrer" Noël en famille

Emmanuel Macron a expliqué mercredi qu'il "cultive l'espoir de célébrer en famille ce moment si précieux de Noël et des fêtes de fin d'année" : "Je demande un très gros effort, tenons-le avec beaucoup de rigueur pendant 15 jours. Si d'ici 15 jours, nous maîtrisons mieux à la situation, nous pourrons alors réévaluer les choses et espérer ouvrir certains commerces, en particulier dans cette période si importante avant les fêtes de Noël", a-t-il précisé.

D'autres stratégies écartées par l'exécutif

"Nous pourrions ne rien faire et assumer de laisser le virus circuler. À très court terme, cela signifie le tri entre les patients à l’hôpital. Jamais la France n’adoptera cette stratégie", a-t-il assuré : "Deuxième voie : confiner les seules personnes à risque. Cette voie n’est pas non pus utilisable." 

La crainte de services de réanimation débordés

"Nos objectifs : protéger les plus âgés et les plus fragiles, protéger les plus jeunes que le virus tue aussi, 35% des personnes en réanimation ont mois de 60 ans, et protéger nos soignants", a alerté le président.

La crainte des autorités est avant tout la saturation des services de réanimation. Le nombre de patients s'y élevait mardi à 2 900, soit la moitié des 5 800 lits de réa disponibles dans toute la France. Des projections alarmantes de l'Institut Pasteur, d'après lesquelles 98% des lits de réanimation seraient occupés par des patients Covid le 6 novembre prochain, ont nourri les conseils de défense qui se sont déroulés mardi et mercredi, selon Les Échos

Et ce mercredi matin, Emmanuel Macron avait "ouvert le conseil des ministres en insistant sur la dégradation massive, générale et largement inattendue que connaît l'Europe depuis plusieurs jours", signalait le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Au printemps, les Français avaient été confinés pendant 55 jours, du 17 mars au 11 mai, avec sévère restriction des déplacements et fermeture des établissements scolaires, des commerces non essentiels et des frontières.

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