La BPCO, (acronyme de broncho pneumopathie chronique obstructive) toucherait 2 à 3 millions de personnes en France. Elle se repère traditionnellement chez les gros fumeurs mais aussi chez leurs enfants.

L'ennemi numéro 1 du poumon est le tabac, notamment pour des enfants qui évoluent auprès de parents fumeurs.
L'ennemi numéro 1 du poumon est le tabac, notamment pour des enfants qui évoluent auprès de parents fumeurs. © AFP / Joel Saget

Cette maladie chronique des bronches d'origine inflammatoire, touche classiquement les gros fumeurs entre 40 et 50 ans. Ils toussent, sont essoufflés et ont une obstruction importante des bronches installée depuis quelques années. Mais ce qui inquiète les spécialistes, c'est qu'ils voient de plus en plus arriver des jeunes, avec ces mêmes symptômes. Des jeunes dont le terrain a été fragilisé par un environnement de fumeurs : leurs parents, durant l'enfance. 

75% des BPCO de l'adulte liées à des facteurs de risques évitables

L'ennemi numéro 1 du poumon, c'est le tabac et on sait désormais que 75% des BPCO de l'adulte sont liées à des facteurs de risques, évitables, durant l'enfance, et même in utero, comme l'explique le professeur Ralph Epaud, pneumo-pédiatre : "Les mécanismes on ne les connait pas forcement, par contre on sait que l'exposition au tabac in utero entraîne un risque majoré de façon très significative par rapport à des mères qui n'avaient pas fumé."

Une fois que l'enfant est né, le tabac des parents, même s'ils fument à la fenêtre, fragilise ses poumons. 

Le professeur Epaud évoque notamment le cas d'une jeune femme, arrivée dans son service à 25 ans avec des poumons très abîmés : "Sa capacité respiratoire avait diminué de moitié en quelques années, de façon assez brutale. Elle était née dans un milieu de fumeurs mais elle n'avait jamais fumé, explique le pneumo-pédiatre. On observe également des cas plus légers qui vont se dégrader et qui ne vont pas être pris en charge avant l'âge de 40 ou 50 ans. À ce moment là on va 'découvrir' la maladie qui trouvait ses racines beaucoup plus précocement."

Tout le défi est donc de repérer ces enfants à risque le plus tôt possible pour retarder, voire même empêcher, la survenue d'une BPCO. À ces enfants là, il faudra évidemment éviter le plus possible les atmosphères polluées et les virus qui traînent. Il faudra aussi trouver le moyen de les convaincre, à l'adolescence, de ne pas commencer à fumer ce qui serait évidemment un facteur aggravant.

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