faible mobilisation des enseignants contre les rythmes scolaires
faible mobilisation des enseignants contre les rythmes scolaires © reuters

ÉTUDE - Pour la deuxième année consécutive, l’institut Harris Interactive a interrogé les enseignants sur leur métier. Leur jugement, s’il reste sombre, s’améliore. Ils sont fiers de leur profession. Mais la refondation de l’école ne les satisfait pas.

Les jeunes professeurs sont positifs

Les enseignants portent encore un regard noir sur leurs conditions de travail : 58% ne s’estiment pas satisfaits. Ils sont même 88% à estimer que leur profession s’est dégradée au cours des dernières années. Cette tendance n'est pas nouvelle, loin de là. Mais il existe des différences notables entre enseignants de zones rurales, plus satisfaits, et ceux de zones urbaines. Les jeunes enseignants sont également deux fois plus satisfaits (71%) que ceux qui exercent depuis plus de 20 ans (34%).Mais ce qui pousse les enseignants, en partie désabusés donc, à continuer de porter chaque jour leur bâton de pèlerin, c’est la fierté d’exercer leur métier : ils sont 80% à ressentir ce sentiment. Ils sont donc loin d’avoir baissés les bras : 75% d’entre eux se disent motivés (une hausse de six points par rapport à l’an dernier). L’enquête d’Harris Interactive montre que les enseignants sont toujours habités par la volonté de transmettre les savoirs (59%) et de voir leurs élèves réussir (54%).

"Les enseignants ont le sentiment de se retrouver seuls pour porter les défis de l'école". Sébastien Sihr, secrétaire général du SnuIPP, syndicat majoritaire chez les professeurs des écoles, est interrogé par Sonia Bourhan:

Les enseignants pas assez soutenus

La « refondation de l’école » voulue par Vincent Peillon puis menée par Najat Vallaud Belkacem, semble convenir aux enseignants dans les buts recherchés. Mais ils regrettent le manque de formation et de moyens pour appliquer correctement les réformes. Par exemple, les Activités Pédagogiques Complémentaires (APC), instaurées dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, sont jugées inappropriées actuellement pour les élèves par 80% des sondés. Plus de 8 enseignants sur 10 les trouvent fatigantes pour les enfants en difficulté et 72% des enseignants ne s’estiment pas suffisamment formés pour ces ateliers.Si ces réformes ont causé des tensions l’an dernier, le climat s’est apaisé à l’école depuis : à la fois avec les parents d’élèves ou l’inspection (+5%) et surtout avec le ministère (+11%). Mais les relations avec le « mammouth » de l’Education nationale sont toujours compliquées : seuls 21% d’enseignants sont satisfaits de la relation entretenue avec le Ministère. Les relations entre collègues enseignants sont en revanche très satisfaisantes : 91% des personnels les jugent bonnes. Cela participe à leur conviction selon laquelle le travail en équipe est indispensable (70%). Mais ils sont nombreux (88%) à déplorer ne pas disposer de suffisamment de temps pour le pratiquer, temps pourtant promis par la ministre. Dans sa réforme de l’éducation prioritaire, Najat Vallaud Belkacem a introduit pour les professeurs de primaire 9 jours par an qui seront exclusivement consacrés au travail collectif des équipes et à la formation des enseignants.

Parmi les autres demandes récurrentes des professeurs des écoles, le salaire est toujours nettement en tête (69% des sondés) des priorités. Les enseignants français sont parmi les moins bien payés d'Europe.

►►► CONSULTER | Les préoccupations des enseignants du primaire (étude Harris interactive, pdf)

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