Une étude menée par deux économistes français et publiée dans la revue "Science" montre que les femmes bénéficient d'un a priori favorable lors des examens et des recrutements

En sciences, les femmes sont sous-représentées mais pour quelle raison
En sciences, les femmes sont sous-représentées mais pour quelle raison © Maxppp / IP3/Vincent Isore

En sciences, les femmes sont sous-représentées, en particulier dans les disciplines dites "dures" comme la physique ou les mathématiques. Est-ce à cause d'une ségrégation négative dont elles feraient l'objet ? Est-ce la faute aux normes sociales qui conduiraient les filles à ne pas choisir des sujets réputés difficiles ou "masculins" ?

Une étude menée par deux économistes français et publiée dans la prestigieuse revue "Science" montre qu'au contraire, en sciences, les femmes bénéficient d'un a priori favorable au moment des recrutements.

Dans la presse, à la radio, la télévision, vous lirez et entendrez très rarement une femme vous parler de particules, de conjecture ou de philosophie, trois disciplines où elles sont minoritaires. Pourquoi ? On dit souvent que c'est le poids des normes sociales, des idées reçues. Ce qui est difficile ne serait pas pour les femmes, ou bien alors, ce sont elles qui s'autocensurent et renoncent aux sciences, en particulier à des disciplines comme la physique, la chimie ou les mathématiques.

Thomas Breda et Mélina Hillion montrent le contraire dans leur étude 

Ils ont passé au crible les résultats de 10.000 candidats aux concours d'enseignants en France de 2006 à 2013. L’agrégation, le CAPES, pour devenir professeur en lycée, et le concours pour être professeur des écoles. Les écrits étaient anonymes, les oraux non. C'est donc en comparant les deux taux de réussite avant et après l'oral qu'on peut évaluer la différence.

Résultat : les examinateurs évaluent plus favorablement les femmes dans les disciplines où elles sont minoritaires : maths physique chimie ou philo. Elles bénéficient d'un biais positif à l'oral qui fait monter le taux de réussite. A l'issue des écrits, il y aurait en physique 4% de candidates reçues en moins et si on ne prend que les oraux, elles auraient été quasiment 6% de plus à être recrutées. Les résultats montrent ce même avantage en philo, en chimie ou physique à l'agrégation.

A l'inverse, en littérature ou langues étrangères où il y a moins d'hommes candidats, ce sont eux qui bénéficient d'une discrimination positive.

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