L'association Francophone des Femmes Autistes dénonce des tests de dépistage conçus surtout pour les garçons et qui aboutiraient à ce que les filles autistes ne soient pas repérées

Selon les statistiques, il y a beaucoup plus de garçons autistes que de filles. Serait-ce à cause de test mal conçus ?
Selon les statistiques, il y a beaucoup plus de garçons autistes que de filles. Serait-ce à cause de test mal conçus ? © AFP / BSIP/Amélie Benoist

Alors que le gouvernement et les associations préparent pour début 2018 le quatrième plan autisme (le chantier a été lancé le 6 juillet dernier à l'Elysée), l'Association Francophone des Femmes Autistes pointe le problème du sous-diagnostic chez les femmes. L’association déplore que les tests soient davantage conçus pour les garçons, ce qui empêche de déceler un certain nombre de cas féminins.

Les statistiques montrent qu'il y a beaucoup plus de garçons autistes que de filles

Chez les autistes dit de haut niveau, avec une intelligence supérieure à la moyenne, il y aurait neuf fois plus de garçons atteints que de filles. L'une des hypothèses, portée par plusieurs études, c'est que les filles bien souvent ne seraient pas décelées lors des tests parce qu'elles auraient tendance à camoufler leurs symptômes autistiques.

Au prix de gros efforts, elles auraient la capacité de masquer leurs difficultés de communication et parviendraient, beaucoup plus que les garçons, à imiter le comportement que la société attend d'elles. Une hypothèse que défend Marie Rabatel, la présidente de l'Association Francophone des Femmes Autistes, elle est-elle même autiste asperger : "je ne sais pas si on comprends mieux les codes mais on a compris qu'on est obligé de copier les autres pour être adapté, on a compris que quand quelqu’un nous sourit, il faut lui sourire. Mais ce n’est pas un vrai sourire, on le fait parce qu'on l'a appris. C’est mon cas."

Pour l'association, les tests de diagnostic aujourd'hui ne prennent pas suffisamment en compte les spécificités féminines. Lors d'un test on va chercher, par exemple, si le patient a des centres d'intérêts obsessionnels comme les chiffres ou l'informatique. Des obsessions plutôt masculines, quand les filles se passionnent pour des sujets moins caractéristiques.

Faute de diagnostics, ces femmes sont en souffrance et en errance médicale puisque parfois cataloguées à tort bipolaires ou schizophrènes.

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