Si les armées ouvrent leurs portes de plus en plus aux femmes, il est rare de voir quatre d’entre elles aux commandes de batteries d’artillerie. C’est le cas au 40e RA installé à Suippes dans la Marne.

Jessica, capitaine du 40e Régiment d'Artillerie
Jessica, capitaine du 40e Régiment d'Artillerie © Radio France / Nathalie Hernandez

Depuis plus d’un siècle ce régiment qui a pour devise « Sursum Corda » (Haut les cœurs) s’est illustré autant pendant la Grande guerre que plus récemment au Kosovo, en Afghanistan ou encore au Mali. Nous avons rencontré deux d’entre elles : Jessica et Delphine. Elles commandent deux des cinq batteries en charge de la surveillance et du tir. Toutes les deux sont déjà parties en opérations extérieures.

La capitaine Jessica, 35 ans, mariée et mère de deux enfants, est au régiment depuis la fin de sa formation, en 2010. Titulaire d’un master 2 de droit international, elle tente d’abord d’entrer dans la diplomatie pour finalement se tourner vers les armées. Jessica va suivre une préparation militaire supérieure en tant que cadre.

Plutôt que d’être juriste, elle va choisir le terrain et le 40e Régiment d’Artillerie.

L’artillerie, sa technique, son degré d’exigence et son panel de métiers ont convaincu Jessica, notamment dans le commandement. 

Je n’ai pas eu d’appréhension pour commander. Il y a un esprit familial dans ce régiment en particulier qui fait qu’on est rapidement intégré.

Jessica prend le commandement il y a deux ans de la batterie d’acquisition et de surveillance. Sous ses ordres, 108 personnes dont 7 femmes. L’une d’elles est cheffe de section.

Son unité est dotée de tous les capteurs du régiment : cela va du DRAC (le drone de reconnaissance contact) aux radars. Ses missions vont de la surveillance, à la collecte de renseignements jusqu’au ciblage et les protections des autres unités combattantes.

Au départ on apprend à commander une section de tir avec des canons  mais aussi à diriger une équipe d’observation. On doit être capable de faire les deux car ces deux spécialités sont indissociables.

"Il faut avoir une bonne base de rusticité"

Jessica a donc travaillé en étroite collaboration avec Delphine. À 33 ans, la capitaine commande la première batterie de tir du 40e RA avec 117 personnes sous ses ordres, toutes capables de travailler sur des canons AUF1, mortier et Caesar.

Delphine commande la première batterie de tir du 40e RA
Delphine commande la première batterie de tir du 40e RA © Radio France / Nathalie Hernandez

Entrée en 2004 dans l’armée, déjà dans l’artillerie. Delphine intègre ensuite  l’EMIA, l’Ecole Militaire Interarmes pour devenir officier, où elle se spécialise en division d’application de l’artillerie avant de rejoindre le 40e RA. Delphine a appris  les bases, tout ce qu’elle demande aujourd’hui à ses soldats.     

L’artillerie c’est une belle arme, on a une section à gérer avec ses pièces et un appui feu qui s’est beaucoup développé, c’est ce qui est intéressant pour un soldat.   

Pas de différence pour Delphine entre homme et femme soldats. 

Il faut avoir une bonne base de rusticité, être capable de vivre avec moins de confort en opération.  

Dans les équipes d’observation il faudra marcher avec l’infanterie, porter le sac avec beaucoup de matériel, et à l’arrière porter les obus qui peuvent peser 40 kilos. C’est aussi la patience, attendre de tirer sous la pluie et dans la boue. 

Delphine est déjà partie cinq fois en opérations extérieures, elle a reçu la Croix de la Valeur Militaire pour ses missions comme chef de section de tir en Afghanistan en 2012.

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