Beaucoup de disciplines sportives sont encore perçues comme étant la propriété des hommes. Le cyclisme ne fait pas exception et demeure en reste d’une parité femmes / hommes. Pourtant de nombreuses femmes se pressent chaque année parmi la foule.

Les hôtesses

La principale fonction des femmes sur le Tour est précise : offrir en souriant le bouquet et les récompenses au vainqueur de l’étape du jour accompagnés de la traditionnelle bise. Les autres rôles consistent à accueillir, chaque matin, les invités de la marque qu’elles représentent et à remettre la presse aux journalistes.

Glamour, élégance et sourire sont les qualités exigées des hôtesses pour faire rêver le public et stimuler les coureurs qui se prêtent volontiers au jeu.

Ici en 1929, une jeune femme remet le bouquet au Belge Julien Vervaecke, vainqueur de la 16ème étape (Evian-Belfort) du 23ème Tour.

Le bouquet et le réconfort pour le belge Julien Vervaecke
Le bouquet et le réconfort pour le belge Julien Vervaecke © Radio France

30 ans après, un vrai casting est organisé par les marques pour trouver leurs « petites reines ». Chez Brandt, 600 jeunes femmes se présentent chaque année pour saisir l’opportunité de monter sur le podium devant des millions de téléspectateurs, 4 sont retenues.

Une journaliste commente le Tour

Aujourd’hui 1/3 des téléspectateurs du Tour sont des femmes (proportion qui reste inférieure aux téléspectatrices de Roland Garros). Le milieu du cyclisme reste assez méconnu du public féminin.

Comme en témoigne Lise Elina, jeune journaliste venue assister à l’arrivée aux Champs-Elysées du Tour de 1951, plus marquée par l’effervescence populaire que par l'aspect technique du sport.

Le Tour féminin

11 ans après le droit de vote, les femmes peuvent désormais concourir dans leur Tour de France.

Le 30 septembre 1955 à Rambouillet, 36 coursières (le mot « coureuse » n’ayant pas été retenu) s’élancent au départ de la première étape du 1er Tour de France féminin (18 étapes pour 400 km).

A sa création, pour de nombreux amateurs, cette course féminine est une surprise et le manque de considération réel. Aujourd’hui, rares sont les personnes qui savent que « La Grande Boucle féminine internationale » a existé. Le manque de notoriété de cette course l’a même empêché de se tenir en 2004. Et pour les mêmes raisons, faute de sponsors et d’intérêt, la course a disparu depuis 2010. « La Route de France féminine » reste la seule compétition internationale dédiée aux femmes sur le sol français depuis 2006, mais elle n’est pas diffusée à la télévision.

Jeannie Longo et ses trois victoires du Tour de France féminin (de 1987 à 1989) en font la française la plus titrée du cyclisme féminin.

Dans ce reportage de Philippe Reltien, elle livre ses souvenirs de carrière et évoque les succès de Lance Armstrong qui l’ont profondément inspirée.

En se comparant à son homologue masculin, elle souligne son regret du manque d’intérêt et de reconnaissance du public pour le cyclisme féminin.

Femmes de coureurs

Elles soignent, soulagent, protègent et offrent un soutien moral important, mais les compagnes de coureurs restent, souvent malgré elles, à l'écart d'un milieu très majoritairement masculin.

Sheryl Crow a connu le rythme et la rigueur imposés par les courses cyclistes. Pendant son idylle, avec Lance Armstrong elle l'accompagne constamment sur les routes.Boostées par les 7 victoires de Lance (1999 à 2005), les deux stars - en couple de 2003 à 2006 - font régulièrement la Une des tabloïdes.

Sheryl Crow explique dans cet extrait comment le cycliste l’a inspirée pour produire de nouvelles mélodies mais il semble que la chanteuse pop-rock n’ait pas réussi à aller jusqu’au bout du chemin avec le sportif.

Si les femmes de coureurs essaient au maximum de suivre et réconforter leurs maris, il demeure difficile pour certaines de s’inviter dans le peloton qui reste sceptique à l’idée de les voir s’immiscer pendant les heures de travail.Les équipes - staffs et coureurs - semblent fermées aux compagnes (pas le droit de s'asseoir à la table des coureurs, de suivre l’équipe à l'hôtel...) qui ressentent fortement cette mise à l’écart archaïque comme l'expriment en 2006 Magalie Lavenu (compagne du coureur Dumoulin) et Vanessa, kinésithérapeute pour l'équipe Française des jeux :

L'ardoisière

Claire Pedrono rêvait de participer au Tour de France, grâce à sa persévérance, elle a décroché un poste convoité au cœur de la course : ardoisière. C’est la première femme de toute l’histoire de la Grande Boucle à tenir ce rôle.

Perchée derrière un motard, cette Bretonne, en relation avec Radio Tour et les radios motards, passe sa journée à informer, via son ardoise, les coureurs des écarts entre les échappées, les poursuivants et le peloton.

Consciente de vivre un rêve éveillé, Claire ne quitte pas son sourire de la journée. Et sa présence qui ne passait pas inaperçue à ses débuts, est aujourd’hui appréciée du peloton.

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