Ce n'est pas une surprise : les Français aiment boire et sont d'ailleurs parmi les plus gros buveurs du monde. Si le volume global d'alcool pur consommé diminue, certains comportements comme l'alcoolisation ponctuelle importante prend le pas sur la consommation quotidienne, qui était pourtant la tendance jusqu'alors.

Avec 11,7 litres d'alcool pur par an et par personne de 15 ans et plus, près d'un quart de la population adulte dépasse les repères de consommation.
Avec 11,7 litres d'alcool pur par an et par personne de 15 ans et plus, près d'un quart de la population adulte dépasse les repères de consommation. © AFP / Kenzo Tribouillard

Les Français consomment-ils toujours autant d'alcool ? Alors que plusieurs associations appellent à observer un "Dry January", janvier sec et sans alcool, Santé Publique France publie son enquête annuelle. 

Si le volume global d'alcool pur consommé en France continue de diminuer depuis les années 1960 en raison de la baisse de consommation quotidienne de vin, la France reste parmi les plus gros buveurs du monde, au 6e rang sur les 34 pays de l'OCDE.

Les chiffres parlent d'eux même : avec 11,7 litres d'alcool pur par an et par personne de 15 ans et plus, près d'un quart de la population adulte dépasse les repères de consommation. Au total, un Français sur dix déclare boire quotidiennement, mais le chiffre est plus marqué chez les retraités, avec 26 % des plus anciens d'entre nous qui consomment de l'alcool tous les jours. 

Chez les jeunes, c'est toujours la même différence, ils déclarent un nombre croissant d'ivresses par an. Par exemple, 13 % des 18-24 ans expliquent avoir eu une consommation ponctuelle importante ou excessive au moins dix fois dans l'année. C'est d'ailleurs la tendance qui est observée : autrefois, les Français se distinguaient par une consommation régulière, ils se rapprochent aujourd'hui d'un modèle plus anglo-saxon, à savoir boire moins souvent, mais quand l'occasion se présente

La Bretagne et le Sud-Ouest consomment particulièrement 

Au quotidien, les régions Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie se distinguent par une consommation quotidienne plus fréquente qu'ailleurs, avec pour le Sud-Ouest, plus d'un adulte sur dix concerné par cette fréquence. C'est, par ailleurs, dans ce quart de la France que les plus fortes baisses de la consommation quotidienne ont été observées. (-15,6 points en Occitanie, -14,6 points en Nouvelle-Aquitaine). 

Le type d'alcool varie aussi d'une région à l'autre : plus de bière au Nord et à l'Est, plus de vins dans la moitié Sud, plus d'alcools forts à l'Ouest. Il faut remarquer des taux élevés, et ce quels que soient les alcools (bière, vin, alcool fort), en région Bretagne. 

D'ailleurs, les Bretons sont les champions de l'alcoolisation ponctuelle mais forte, évoquée précédemment. Selon l'étude, 20 % d'entre eux consomment tous les mois six verres et plus en une seule occasion.

Par ailleurs, l'étude de Santé Publique France mesure pour la première fois l'effet à court terme de l'alcool : en moyenne, on estime que 1 à 3 % des passages aux urgences sont liés à l'alcool pour les hommes, avec deux régions particulièrement touchées outre-mer : Mayotte et La Réunion. Il faut aussi noter que 41 000 décès sont attribuables chaque année à l'alcool en France, l'une des trois principales causes de décès évitables dans le pays.

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