Les assises de l'élevage et de l'alimentation se déroulent cette semaine à Rennes. Parmi les préoccupations des professionnels du secteur figure la baisse de la consommation de viandes : selon une étude publiée la semaine dernière, la consommation de viande a baissé de 12% en dix ans.

De la viande dans un étal de boucherie (illustration)
De la viande dans un étal de boucherie (illustration) © AFP / Geography Photos

En dix ans, la consommation de viande par les Français a baissé de 12% : c'est ce qu'il ressort d'une étude du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) publiée la semaine dernière, alors que les professionnels de l'alimentation sont réunis cette semaine à Rennes pour les Assises de l'élevage et de l'alimentation. 

Entre 2007 et 2016, la consommation moyenne de viande est passée de 153 à 135 grammes par jour et par personne. Et en moyenne, les Français mangent de la viande plus de 10 fois par semaine (10,1 selon les chiffres) : là aussi cet indicateur est en baisse, il était de 11,8 fois par semaine il y a dix ans. C'est la viande de boucherie (bœuf, agneau, porc frais, etc.) qui en souffre le plus : la consommation de ces "viandes rouges" a plongé de 58 à 46 grammes par jour et par personne. 

Les plus jeunes, plus gros consommateurs

Pourquoi une telle dégringolade ? Selon le Crédoc, plusieurs raisons peuvent expliquer ces changements d'habitudes : les questions liées à la santé, à l'environnement et au bien-être animal font évidemment partie des justifications, mais on y trouve aussi la hausse des prix de vente ou encore l'évolution des modes de vie. 

En effet, la baisse du temps de préparation des repas au profit de plats préparés, de sandwiches ou de hamburgers, a une influence sur la consommation de viande : ces plats tout prêts représentent 30% des produits carnés consommés en 2016, contre 25% il y a dix ans. Résultat : de façon assez surprenante, ce sont les plus jeunes (18-24 ans) qui sont encore les plus gros consommateurs de viande, du fait de leur forte consommation de ces aliments préparés (qui composent 42% de leurs prises de viande sur une semaine). Inversement, les personnes âgées de 75 ans et plus sont celles qui consomment le moins de viande. 

Ouvriers et CSP+ ont le plus diminué leur consommation

Autre distinction, celle fondée sur l'aisance économique des foyers : c'est chez les cadres et les ouvriers que la consommation a le plus baissé, même si ces derniers restent, en volume, les plus gros mangeurs de viande. Mais les raisons ne sont pas les mêmes : si dans les couches les moins aisées de la population ce sont les prix en hausse qui font baisser la consommation, chez les CSP supérieures c'est plutôt un choix volontaire de moins de viande : le "flexitarisme" est plus fort chez les couches sociales les plus favorisées (43% des cadres et professions libérales disent avoir limité leur consommation en 2018) que dans le reste de la population (où ce chiffre n'atteint que 35%). 

Le Crédoc établit, dans son étude, des typologies de mangeurs et leur évolution : la proportion de "gastronomes à la française", amateurs de produits bruts et de bonne cuisine et gros consommateurs de matières grasses, de fruits et légumes et de poisson, a chuté en dix ans, passant de 40% à 16% de la population, au profit de deux autres catégories, les "bons vivants" et surtout une nouvelle catégorie qui a fait son apparition, les "basiques" (consommateurs de compotes, soupes, fruits secs et peu de sandwiches). Inversement, la part de "pressés", gros consommateurs de produits tout prêts, a augmenté, passant de 21% à 26% de la population. 

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