A Belleville, les associations misent sur un parcours à la rencontre de lieux et de "Chinois de Belleville", pour en finir avec les clichés et les préjugés

Comment déconstruire les préjugés à l'égard des communautés chinoises
Comment déconstruire les préjugés à l'égard des communautés chinoises © CC Eric Huybrechts Flickr

A la veille du nouvel an Chinois, associations, commerçants, figures du quartier parisien de Belleville, travaillent ensemble depuis quelques semaines à l'élaboration d'un parcours de découverte du territoire et de déconstruction des préjugés à l'égard des communautés chinoises.

Après les manifestations de septembre dernier contre le racisme anti-asiatique, des voix s'élèvent pour dire l'urgence d'une prise de conscience. Les Français d'origine asiatique sont encore trop souvent victimes de clichés. Pas de dimension moralisatrice, la proposition est au contraire très ludique. Une cartographie du quartier accompagnée de différents éclairages. Un parcours à la rencontre de lieux et de "Chinois de Belleville" aux multiples visages. Trop souvent caricaturés.

Mohammed Ouaddane coordonne le projet Planète Belleville, au sein de l'association Trajectoire et mémoires Île-de-France : "Le cliché c’est une population invisible. On ne la voit pas, elle n’est pas en contact avec les autres, gens gens qui pratiquent les arts martiaux, des génies en informatique, rusés et malins, c’est pour ça qu’ils ont le sens de l’entreprise". Pour Mohammed Ouaddane la meilleure façon de "déconstruire ces clichés là" c'est "en étant en contact avec les gens qui vivent là et qui sont issue de ces différentes communautés".

Des communautés pas toutes chinoises d'ailleurs. Chaque vague arrivant avec son histoire et déclenchant sa petite révolution, souvent méconnue. 1980, par exemple, c'est la déferlante "Indochinoise" : des restaurants ouvert à tout heure pour les couche-tard parisiens, explique ce Cambodgien : "C’était tout nouveau à l'époque, les restaurateurs ne faisaient pas encore de nourriture à emporter chez soi. Le concept plaisait donc à beaucoup de gens, on pouvait emporter ou manger sur place à n’importe quel moment. Pour lui les racines du problème sont sont à chercher dans la méconnaissance : "Quand on ne connait pas les différentes cultures, on n’arrive pas à communiquer" dit-il.

Et c'est cette méconnaissance qui est à l'origine de propos déplacés, fréquents et décomplexés, à la limite du racisme, regrette Tamara Lui, la présidente de l'association "Chinois de France - Français de Chine" qui entend souvent des phrases comme "Ah encore un restaurant chinois, ils sont partout". Ce genre de propos est banal, explique-t-elle. "Les restaurants français sont partout, personne ne dit portant 'encore un restaurant français'".

Autre cliché : les Chinois seraient tous bouddhistes, ou athées. Faux, sourit Rui Wang des Jeunes Chinois de France qui nous emmène devant une église : "Il y a plusieurs église protestantes dans le quartier. Je crois qu’il y a environ 20% de chrétiens". Mais surtout, les préjugés "enferment les gens dans des cases" selon lui : "Il y a certains préjugés qui au départ peuvent paraître amicaux mais qui peuvent être destructeurs comme 'les Chinois sont calmes, les chinois sont travailleurs. Il y a une nouvelle génération qui voit bien que ça ne sert à rien de fermer sa gueule".

Une génération de Français d'origine chinoise qui s'est aussi fixé de faire mentir un dernier préjugé : les Chinois seraient majoritairement discrets et silencieux

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