L'étude sur les temps d'attente pour une greffe de reins, menée par une association de patients, révèle d'énormes disparités selon les régions. Un an en Normandie contre 5 ans pour un hôpital parisien : des inégalités,déjà constatées il y a cinq ans, qui se sont considérablement creusées depuis.

En France, près de 3600 greffes sont réalisées chaque année.
En France, près de 3600 greffes sont réalisées chaque année. © Getty / Christopher Furlong

Treize mois d'attente pour une greffe rénale à Caen, 27 mois à Limoges, 59 mois à l'hôpital Saint-Louis à Paris, et encore plus si le patient en attente de greffe est d'un groupe sanguin réputé rare. Cette inégalité ne date pas d'aujourd'hui mais au fil des ans elle s'aggrave.

Un règlement obsolète?

A l'origine de ces disparités, le principe édicté dans les années 80, dit "principe du rein local" : un centre de greffe qui dispose d'un donneur décédé doit donner un rein à la communauté, distribué ensuite selon des critères d'urgences.  En revanche le centre donneur peut garder le second rein pour ses propres patients. 

Résultat :  en Île-de-France, où la population est jeune, où il y a moins d'accidents de la route, et ou le refus de dons d'organes est plus élevé qu'ailleurs en France, on dispose de moins de reins disponibles. D'où ce coup de gueule de l'association de malades Renaloo, dont Magali Léo est la porte-parole : 

"Ce que Renaloo souhaite, c'est qu'on abandonne progressivement la pratique du rein local pour que la totalité des reins prélevés soient attribués selon des critères de répartition équitables en fonction des besoins prioritaires des patients inscrits sur la liste, qu'on abandonne cette pratique qui permet de soutenir l'activité de certains établissements au détriment des urgences sur la liste". 

Faute d'avoir eu un rein à temps, 300 personnes décèdent chaque année en France. Les autres doivent rester en dialyse, trois fois par semaine, à raisons de 4 heures par séance. Le coût d'une dialyse est de 80.000 euros par an et près de 18.000 personnes sont en attente de greffe de rein en France, où sont réalisées chaque année 3600 greffes. 

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