En 2020, on n’a jamais autant entendu parler de "monde d’après". Lilo, le moteur de recherche qui reverse 50 % de son chiffre d'affaires à des associations écologique ou de solidarité, a voulu vérifier si les Français étaient prêts à passer à l'action. Problème : ils le sont mais manquent de temps et d'argent.

Le moteur de recherches français Lilo reverse 50% de son chiffre d'affaires à des associations
Le moteur de recherches français Lilo reverse 50% de son chiffre d'affaires à des associations © capture

Le moteur de recherche alternatif français Lilo permet à tous ceux qui le souhaitent de contribuer gratuitement au financement de plus de mille associations en cumulant des gouttes lors de leurs recherches Internet. Depuis sa création en 2015, plus 3,5 millions d'euros ont été reversés à ces organismes ou fondations par Lilo, en faveur de leurs actions pour le climat et l’environnement, leurs programmes de solidarité ou de défense de la cause animale. 

Lilo s'installe en deux clics depuis le site Lilo.org, sur le navigateur de son choix (Chrome, Edge, Firefox…) et sur mobile, iOS ou Android. Mais Lilo est très peu connu et, pour accroître encore sa visibilité, l'équipe essaie par tous moyens de "franchir le mur du son", comme le dit sa présidente Sophie Bodin. 

Raison pour laquelle elle a fait faire un sondage sur les envies d'engagement des Français. Lilo dévoile donc un sondage exclusif, réalisé avec l'Ifop, pour mieux comprendre où en sont les Français en matière de transition écologique, un an après le 1er confinement. 

Le social aussi fort que l'environnement

Il en ressort que depuis un an, la majorité des Français a changé ses habitudes pour faire rentrer le "monde d’après" dans leur vie.  Près de deux Français sur cinq ont commencé à soutenir les associations (17%), que ce soit financièrement ou en leur consacrant du temps. Près de quatre jeunes sur dix âgés de 18 à 24 ans (38%) et, plus globalement, un quart des Français pensent davantage à engager de nouvelles actions pour agir à son échelle. 

"Ce que je retiens", explique la présidente de Lilo, Sophie Bodin, "c'est que l'écologie s'impose comme une évidence en tant que terrain d'engagement, mais que 45% des sondés mettent les enjeux sociétaux au même niveau que les enjeux environnementaux". 

La majorité des Français considèrent que c'est par les associations que les choses changeront. Sociales ou environnementales, elles ont un rôle de 1er plan à jouer dans la construction du "monde d’après".  

Les Français plein de bonne volonté, mais.... 

Pour autant, moins d’un Français sur trois soutient financièrement ces associations. Même parmi les Français les plus convaincus du rôle des associations (plus d’un sur deux), le constat est sans appel : seuls 24% d’entre eux les soutiennent financièrement. Quant aux Français qui s’abstiennent de les soutenir, la première cause n’est pas le manque d’intérêt (15%), mais le manque d’argent. "Au total, un tiers des Français (38%) n’ont tout simplement pas les moyens de soutenir financièrement les associations dans lesquelles ils croient !", explique-t-on chez Lilo. 

Or Lilo veut rappeler, à travers ce sondage, qu'en faisant nos recherches sur Internet dans ses pages (en fait, il donne les résultats fournis par Bing, le moteur de Microsoft), on peut aider, sans dépenser ni de temps ni d'argent. 

Lamya Essemlali, présidente et fondatrice de Sea Shepherd France, note que les dons en direction de l'ONG qui œuvre pour la protection des océans, n'ont pas baissé en 2020. Quand aux résultats du sondage, elle n'est pas surprise :  "Il y a toujours une différence entre les déclarations d'intentions, et la réalité de l'engagement sur le terrain." Son affichage parmi les associations qui bénéficient d'un versement par le biais de Lilo, au gré des recherches internet, lui a permis de récolter 160 000 euros en trois ans, mis en profit dans des programmes de sauvegarde des tortues à Mayotte. "Ce n'est pas négligeable", dit-elle. 

Pour Sophie Bodin, présidente de Lilo, "les femmes sont en premières lignes. Ce sont elles qui utilisent majoritairement Lilo et ce sont elles les plus convaincues et les plus engagées". 

Lilo n'est pas le seul moteur qui permet ce genre de bascule, de la recherche au don, sans faire d'effort. Le moteur allemand Ecosia, fait don de 80 % ou plus de ses bénéfices à des organisations à but non lucratif qui se concentrent sur le reboisement. Quant à Qwant, qui reversait de l'argent à certaines associations, son programme a été arrêté l'an dernier.