Les gilets jaunes n'ont certes pas de leader, mais ils ont des figures. Et deux d'entre elles, Priscillia Ludosky et Éric Drouet, ont acté leur rupture sur Facebook.

Le relations sont devenues extrêmement tendues entre Priscillia Ludosky et Éric Drouet
Le relations sont devenues extrêmement tendues entre Priscillia Ludosky et Éric Drouet © Radio France / Olivier Corsan (Maxppp)/Bertrand Guay (AFP)

Ce sont deux visages que l'on voit depuis le début du mouvement des gilets jaunes en novembre. Ceux de Priscillia Ludosky, qui avait lancé la pétition contre la hausse des taxes sur les carburants, et d'Éric Drouet, le chauffeur routier de Seine-et-Marne qui communique sur Facebook les lieux de manifestations le samedi dans la capitale. 

Mais ce lundi, Priscillia Ludosky a marqué sa rupture avec Éric Drouet, dénonçant ses "menaces" et son "comportement" :  

Je suis enfin libre de pouvoir dire que je ne travaille plus avec Éric Drouet depuis des semaines en raison de son comportement et je compte, quand tout sera terminé, expliquer tout ce qu'il a pu faire pour nuire au mouvement

Capture de la page Facebook de Priscillia Ludosky
Capture de la page Facebook de Priscillia Ludosky / France Inter

Jusqu'à présent, leur divergence (plus ou moins) visible portait sur le lieu des mobilisations du samedi : en région pour l'une afin de souligner l'ancrage local du mouvement des gilets jaunes, à Paris pour ses symboles pour le second.

Mais l'étincelle est en fait venue des pages Facebook que chacun administre. Elles portent le même nom, "La France en Colère", si ce n'est que la page d'Éric Drouet est ponctuée de trois points d'exclamation. Éric Drouet demande à ses compagnons de lutte d'en changer, et à coup de menaces comme l'a dénoncé publiquement ce lundi Priscillia Ludosky. 

Éric Drouet s'est rapidement défendu lors d'une vidéo diffusée en direct sur sa page Facebook personnelle, justifiant cette demande par sa comparution au tribunal le 15 février pour participation à une manifestation non autorisée. "Le groupe La France en colère m'est forcément attitré quoi qu'il arrive. J'ai créé ce groupe là il y a cinq ou six mois, eux ont créé leur page il y a quelques semaines. Du coup tout ce qu'ils font m'est forcément mis sur le dos, et du coup ils vont s'en servir pour mon jugement le 15 février", explique ainsi Eric Drouet. 

Le trentenaire a appris sa convocation au tribunal pour le mois de février le 3 janvier dernier. Or Priscillia Ludosky estime que "cela fait des semaines" que le "comportement" d'Éric Drouet est problématique. Expliquant vouloir "avancer sur le fond", elle a très rapidement publié un lien vers une nouvelle pétition sur les revendications du mouvement des gilets jaunes, qui a recueilli plusieurs milliers de signatures en l'espace de quelques heures. 

Si les deux figures de la contestation sociale ont chacune reçu des soutiens sur Facebook, de nombreux gilets jaunes déploraient également que le linge sale soit lavé en public, au détriment de leur mouvement. Ce qui explique peut-être que Priscillia Ludosky ait supprimé depuis sa véhémente publication. 

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