Depuis plusieurs semaines, des centaines de groupes pullulent sur Facebook pour tenter d’organiser le mouvement de lutte contre le prix trop élevé des carburants. Qui les administre, sont-ils organisés ? Plongée dans une nébuleuse qui s'active à quelques heures de la mobilisation du 17 novembre.

Les "gilets jaunes" s'organisent sur Facebook.
Les "gilets jaunes" s'organisent sur Facebook. © Maxppp / Thierry David

Comment s’organise le mouvement des “gilets jaunes” ? La contestation anti-taxes sur le carburant doit se concrétiser dans la rue samedi et se structure depuis plusieurs semaines à travers les réseaux sociaux ; Facebook, en particulier. Pour en savoir plus, nous avons visité ces pages et tenté de comprendre la façon dont la mobilisation prend forme. 

Un nombre incalculable de pages

Blocage national”, “blocage citoyen”, “On bloque tout”, “Barrage du 17 novembre”, “Contre la hausse des carburants”... Voilà, un florilège des noms de ces groupes Facebook. Et il y en a des tas, plusieurs centaines : groupes mais aussi pages à liker, événements auxquels s’inscrire créés sur le réseau social. Impossible, en revanche, de donner un nombre exact. Mais on peut en compter au moins autant que de blocages annoncés, plus évidemment, avec parfois plusieurs pour la même manifestation ou pour la même ville. 

Disparités de noms, mais aussi dans le nombre de participants. Certaines de ces pages en regroupent déjà des milliers comme à Bordeaux avec près de 9000 participants ou à Lyon. D’autres ne recueillent que quelques souscriptions et membres actifs comme pour cette manifestation dans le Var ou cette autre en Charente-Maritime

Depuis quelques jours enfin, le mouvement tente de centraliser les informations sur une seule et même carte, créée via Google Maps. Elle regroupe les détails de chaque manifestation potentielle - lieux, horaires et lien vers le Facebook des organisateurs -, géolocalisées. 

Des administrateurs pas toujours bien identifiés

Il n'est pas difficile, quand on navigue sur les différentes pages, de se rendre compte aussi que certains organisateurs sont affiliés à des mouvements politiques, de droite comme de gauche. Simples sympathisants le plus souvent, nous avons aussi trouvé un ancien candidat du Rassemblement Bleu Marine aux législatives de 2017, en Normandie, ou encore des membres actifs de groupes locaux de la France insoumise. 

Certains administrateurs préfèrent enfin se cacher derrière un pseudonyme. Mais en tout cas, la plupart d'entre eux se présentent comme de simples citoyens, furieux des taxes qui s’amoncellent, et tiennent à ce simple qualificatif. 

Une organisation approximative

Une chose est certaine, dans les groupes les plus fournis, les échanges sont nombreux sur les modes d'actions à mettre en place, sur les stratégies à adopter. Sur la page Facebook des rassemblements dans le Rhône ou d'une manifestation à Lorient, les administrateurs ont publié vidéos et récapitulatifs autour de la démarche à suivre.

Parfois, les mots fusent lorsqu'il y a des désaccords. 

Les internautes ne sont pas tous d'accord sur la manière d'opérer le 17 novembre.
Les internautes ne sont pas tous d'accord sur la manière d'opérer le 17 novembre. / Capture d'écran Facebook

Mais impossible de donner une estimation réelle du nombre de membres actifs et potentiellement mobilisables samedi tant les groupes sont nombreux et les intentions réelles inconnues. 

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