Des équipes nationales aux équipes de marques, des vélos poinçonnés à un palmarès vierge 7 années consécutives, le Tour a connu de nombreuses évolutions, techniques ou réglementaires.

Le poinçonnage

1932 TDF poinçonnage
1932 TDF poinçonnage © Gallica BNF

A partir de 1930 et du retour des équipes nationales, les coureurs doivent contracter directement avec l’organisation du Tour.

L’idée est de circonvenir les ententes qui avaient eu tendance à fausser les résultats, et du coup à bannir les équipes de marques qui appointaient leurs champions.

Parmi les conséquences, il y a la création de la caravane afin d’obtenir le financement indispensable à la fourniture de vélos identiques (de couleur jaune bien sûr) aux coureurs.

Lesdits vélos sont poinçonnés au départ de la course, ce qui donne lieu à un rassemblement au siège du journal organisateur « L’Auto ».

Les équipes :

« Ça ne marchera jamais ! ».Les suiveurs du Tour étaient bien persuadés que le passage des équipes de marques aux équipes nationales serait un échec, quand Henri Desgrange l’imposa en 1930.Il était question d’éviter que les firmes les plus riches entretiennent de véritables écuries de champions, de rétablir l’équité sportive et de ne pas être tributaire de partenaires qui auraient finalement imposé leurs lois.En vérité, dans le climat d’hypernationalisme qui régnait sur l’Europe des années 30, ça a plutôt bien fonctionné. Et si l’on en croit le vainqueur de 1930, André « Dédé gueule d’amour » Leducq, c’est bien grâce à l’équipe de France qu’il a gagné.

Après la guerre, le Tour reprend la route en 1947. Toujours avec des équipes nationales. Mais le Tour grandit, passionne de plus en plus de gens, est médiatisé grâce à la démocratisation de la radio puis de la télévision… Bref, les marques exercent une forte pression sur les organisateurs afin de profiter de cette vitrine de 4000 kilomètres de long qui leur permettrait de montrer leurs couleurs.Et en 1962, elles font leur retour. Jacques Anquetil fera triompher l’apéritif « Saint Raphaël ».

Retour aux équipes de marques TDF 1962
Retour aux équipes de marques TDF 1962 © L'Equipe, en 1961

Cinq ans après le retour des équipes de marques, en 1967, la direction du Tour fait à nouveau machine arrière : on recourra sous ses couleurs nationales, à la demande générale du public, affirment Jacques Goddet et Félix Lévitan, les patrons de la course…

Ce retour aux équipes nationales, totalement anachroniques, puisque toutes les grandes courses sont dans le même temps disputées par équipes de marques, ne durera que 2 éditions : depuis 1969, les coureurs disputent le Tour sous le maillot de leurs employeurs à l’année. ### Sociologie du Tour Phénomène populaire, le Tour fascine les sociologues. Particulièrement ceux qui se penchent sur l’évolution médiatique de notre environnement, pour qui il est une énigme : véhiculant des valeurs ancestrales, il s’inscrit malgré tout dans la modernité. C’est ce paradoxe que relève Marc Augé, Directeur d’étude à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales au micro de France Culture.
### Retour sur les 50 premières années En jetant un œil dans le rétroviseur du Tour, on se rend compte de l’évolution spectaculaire du sport cycliste. Et qui, mieux qu’un des premiers héros de la course, peut témoigner de cette évolution ? En 1968, à l’âge de 83 ans, Eugène Christophe, le serrurier qui avait du réparer lui-même sa fourche en descendant du Tourmalet, a été confronté au matériel de ses successeurs. Non sans une certaine jalousie… ### 1954 : Des suiveurs au séminaire En 1954, les vacances scolaires commencent le 1er juillet, soit quelques jours plus tôt que d’habitude. Mais les organisateurs n’ont pu l’anticiper. Et ces congés vont donc conditionner jusqu’au parcours : les capacités hôtelières à proximité des côtes sont saturées.Et en Auvergne, il a fallu réquisitionner un séminaire pour loger les suiveurs.
1954 les vacances TDF Les Echos
1954 les vacances TDF Les Echos © Les Echos
### Une plume sur le Tour A mesure que le Tour conquiert la France, c’est toute la société qui s’en empare. Les premières éditions ne sont relatées assez logiquement, que par des journalistes.Avec Albert Londres, dépêché par « Le petit journal » pour couvrir le Tour 1923, on entre dans le domaine de la littérature. Inspirée par les tragédies et les gags de la course, l’héroïsme et les valeurs qu’elle véhicule, cette espèce d’écrivain-journaliste va proliférer sur la course, le meilleur exemple restant bien sûr Antoine Blondin, « embeddé » dans l’équipe rédactionnelle de l’Equipe entre 1954 et 1982. > Seule compétition de cette envergure à aller chercher son public là où il est, c’est-à-dire chez lui, le Tour en marche se présente désormais comme une parcelle itinérante de territoire français, neutralisée sur 60 kilomètres de long et 100 mètres de large, qui se déplace à 40 à l’heure. […] Sur une distance avoisinant les 4500 kilomètres, il fait général étape dans 22 villes, promenant son peloton-palette par monts et par vaux, bivouaquant dans l’ombre des cathédrales… ### 1961, le Tour a un avenir Les mêmes étapes que celles du Tour, mais disputée un peu en avance par des amateurs, c’est le principe du Tour de l’avenir, créé en 1961.L’idée est de permettre aux jeunes coureurs de disputer une grande épreuve par étapes, mais aussi d’accueillir les coureurs d’Europe de l’est, que leur statut d’amateur excluait de fait jusque là.Un soviétique, Serguei Soukhoroutchenkov a d’ailleurs réussi le doublé en 1978 et 79. On le comparait à l’époque à Bernard Hinault, et on ne saura jamais lequel des deux était le plus fort. Faute d’intérêt du public, l’épreuve a connu de nombreuses modifications et même une annulation en 1991.Il est désormais organisé par l’association Alpes vélo et aura lieu cette année du 24 au 31 août.
1961 TDF amateur
1961 TDF amateur © L'Equipe
### Le serment Les athlètes qui participent aux Jeux Olympiques prononcent un serment à la fin de la cérémonie d’ouverture. Les cyclistes aussi ont leur serment. En 2006, au départ de Strasbourg, c’est à l’Américain Floyd Landis que revient l’honneur de le prononcer :
Un texte cocasse, quand on sait que, vainqueur sur la route, l’ex équipier de Lance Armstrong sera disqualifié pour dopage, laissant sur la ligne 2006 du palmarès, le nom de l’Espagnol Oscar Pereiro. ### Le départ Le Tour est parti à de multiples reprises depuis de grandes villes étrangères, mais il a fallu attendre 2007 pour qu’il s’élance de Londres : le maire de la capitale britannique, Ken Livingstone surnommé Ken le Rouge, avait posé sa candidature 3 ans auparavant, afin de promouvoir la pratique du vélo dans sa ville.
### Palmarès vierge Le palmarès du Tour restera à jamais vierge entre les années 1999 et 2005.Une curiosité unique dans l’histoire du sport, lié à la disqualification du septuple vainqueur, l’Américain Lance Armstrong.Mais comme pendant ces années là, il était bien difficile d’être certain de la pureté des performances de l’ensemble des grands noms du cyclisme, ce qui justifie ce « trou » dans le palmarès.
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