Le film "Au revoir là haut" tiré du prix Goncourt de Pierre Lemaitre est sorti en salles ce mercredi. Pendant la guerre de 14/18, le héros a le visage arraché par un obus. Il devient une "gueule cassée". Grâce à des hommes comme lui, la chirurgie maxillo-faciale est née.

Une "gueule cassée" victime de la guerre de 14/18
Une "gueule cassée" victime de la guerre de 14/18 © AFP / STRINGER / FRANCE PRESSE VOIR

Joue, mâchoire, nez emportés par un obus : on peut voir ces "gueules cassées" dans une exposition dans le hall de l’hôpital St Joseph à Paris, à l'occasion de la sortie du film d'Albert Dupontel "Au revoir là-haut". C’est une initiative du Docteur Ludovic Bénichou qui dirige le service de chirurgie maxillo-faciale de cet hôpital. 

La chirurgie maxillo-faciale en tant que telle n'aurait jamais vu le jour sans la guerre de 14/18 même si la chirurgie reconstructrice existe depuis bien longtemps, on en a retrouvé des traces chez les Incas et les Indiens.

Durant la Première guerre mondiale, l'artillerie et les mitrailleuses ont causé les deux tiers des blessures. 

Dans les tranchées, ils n'avaient que la tête qui dépassait. Et leurs têtes recevaient des éclats d'obus.

Les gueules cassées de la guerre 14/18
Les gueules cassées de la guerre 14/18 / DR

Pendant la grande guerre, environ 40% du contingent français ont été blessés et entre 11 et 14% de ces blessés l'ont été au visage. Près de 15 000 grands blessés de la face ont été hospitalisés. 

Au début, des mécaniciens dentistes leur mettaient des prothèses en résine, des morceaux de visage.

Une "gueule cassée" de la guerre de 14/18
Une "gueule cassée" de la guerre de 14/18 / DR

Les blessés étaient pris en charge par des centres spécialisés installés loin du champ de bataille. La chirurgie maxillo-faciale naît.

Aujourd'hui, les médecins prélèvent des tissus osseux, des cartilages qu'ils vont ensuite greffer sur la zone endommagée du patient. Ou bien ils vont déplacer des morceaux de peau du patient lui-même sous forme de lambeaux c'est-à-dire conservés en l'état, vascularisés

De nos jours, les victimes d'accidents de la route, de défenestration, de coup de fusil bénéficient de cette chirurgie maxillo-faciale. Mais également les malades d’un cancer de la mâchoire, de la joue, du nez car les chirurgiens retirent beaucoup de la tumeur ou des métastases pour éviter les récidives, donc il faut ensuite reconstruire. Dans ce cas, le patient doit faire le deuil de son ancien visage, car il ne sera jamais plus comme avant.

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