Le monde du basket, du sport en général et bien au-delà, a réagi à la mort accidentelle du champion de basket Kobe Bryant. Mais une controverse a éclaté au sujet du passé du joueur, accusé de viol en 2003.

La mort de Kobe Bryant a bouleversé le monde du basket et au delà
La mort de Kobe Bryant a bouleversé le monde du basket et au delà © AFP / Johannes EISELE

Kobe Bryant, mort dans un accident d'hélicoptère dimanche à Los Angeles à l'âge de 41 ans, aux côtés de Gianna, sa fille de 13 ans, et de sept autres personnes, était vu comme un héros national, un père attentif, un athlète hors pair, digne héritier de son idole Michael Jordan pour son talent et sa grâce sur les parquets.

Les hommages spontanés se sont multipliés, les tweets empreints de tristesse et d'émotion ont déferlé par milliers. Y compris ceux d'actrices de Hollywood porte-paroles du mouvement Me Too et Time's Up, à l'image de Rosanna Arquette :

"Nouvelles dévastatrices, Kobe et Gigi reposez en paix… Mes prières vont à Vanessa et à sa famille."

Ou encore Megan Rapinoe, la footballeuse américaine, symbole de la défense de la cause des femmes et des minorités : 

"Mon cœur va à la famille Bryant. RIP"

Le tweet qui crée la polémique

Mais l'actrice Rachel Evan Wood de son coté s'est attiré les foudres de centaines de twittos et a créé la polémique en ressortant une affaire datant de 2003. Une affaire qui a entaché la réputation de Kobe Bryant pendant plusieurs années. Alors que le monde du basket pleure Kobe Bryant, elle tweete : 

"Ce qui s'est produit est tragique. J'ai le cœur brisé pour la famille de Kobe. C'était un héros pour le sport. C'était aussi un violeur. Et toutes ces vérités peuvent coexister."

Une accusation de viol réglée à l'amiable

En 2003 en effet, Kobe Bryant est marié depuis deux ans et père d'une petite fille, Natalia, alors âgée de cinq mois. Une employée de 19 ans travaillant dans un hôtel du Colorado porte plainte pour viol contre le basketteur. Elle affirme qu'il l'a agressée la veille dans sa chambre d'hôtel. Kobe Bryant est arrêté, entendu par la police du Colorado, où les faits se seraient déroulés. Il déclare ne jamais avoir eu de relation sexuelle avec la jeune femme. Les enquêteurs lui disent alors qu'ils ont des preuves. Kobe Bryant change alors de version, et admet une relation sexuelle consentie avec la jeune femme. La jeune femme présente des marques au cou et Bryant avoue avoir eu envers elle des gestes brutaux mais consentis.

Le procureur a suffisamment réuni de preuves pour inculper Kobe Bryant pour "agression sexuelle". L'athlète organise alors une conférence de presse, son épouse à ses côtés. La plaignante reçoit de nombreuses menaces de mort, son identité est révélée dans la presse. Elle retire finalement sa plainte, refusant de se rendre à un éventuel procès. Kobe Bryant s'excuse auprès d'elle dans un communiqué.

"Je veux m'excuser auprès d'elle pour mon comportement ce soir-là et pour les conséquences dont elle a souffert. Je peux difficilement imaginer sa douleur." Plusieurs mois plus tard, un accord financier est conclu entre les deux parties. 

Selon le Los Angeles Times, l'accord financier serait estimé à 2,5 millions de dollars. 

Une journaliste du Washington Post suspendue 

Une journaliste du Washington Post, Felicia Sonmez, a été suspendue dimanche soir, très vite après l'annonce du décès de Kobe Bryant. Pourquoi ? Parce qu'elle a retweeté un article publié en 2016 par le Daily Beast rappelant justement l'accusation de viol de 2003 :

"L'affaire de viol impliquant Kobe Bryant qui dérange : les preuves ADN, la version de la plaignante et la demi-confession."

La journaliste a reçu plusieurs menaces de mort à la suite de son tweet, qu'elle a supprimé depuis :

Ce tweet d'une journaliste du Washington Post lui a valu une suspension
Ce tweet d'une journaliste du Washington Post lui a valu une suspension / Capture d'écran Twitter

Selon le New York Times, Felicia Sonmez avait reçu, avant d'être suspendue, un courriel du directeur de la rédaction du Washington Post lui reprochant "un réel manque de jugement pour avoir tweeté ceci"  et lui demandant d'arrêter, avant d'affirmer : "Tu fais du mal à l'institution en faisant cela".

L'éditrice du prestigieux quotidien a déclaré dans un communiqué que les tweets de la journaliste "faisaient du mal au travail de ses collègues"

Cela dit, par la suite, le Washington Post a été vivement critiqué pour avoir suspendu la journaliste, comme l'a rappelé lundi CNN. Elle a finalement été réintégrée par le journal qui l'a annoncé dans un communiqué, mardi. Peut-être que tout n'était finalement qu'une question de mauvais timing…

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