Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a annoncé que l’interdiction pour les hommes homosexuels et bisexuels de donner leur sang allait être levée à partir du printemps 2016. mais sous (de décourageantes) conditions.

Le changement se fera "par étape", dans "le respect absolu de la sécurité des patients", précise la ministre, dans la foulée de son annonce particulièrement attendue notamment chez les associations de défenses des droits des LGBT (lesbiennes, gay, bi, trans).

SOS Homophobie regrette le maintien de discriminations

Sans doute y verront-elles un insuffisant "mieux", puisque les régimes en la matière restent différents selon qu’il concerne une personne hétérosexuelle ou homosexuelle. Dans un communiqué, SOS Homophobie salue "la fin de l’exclusion systématique et à vie des homosexuels et bisexuels masculins des dons de sang" mais regrette "le maintien des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle". Sur Twitter, les internautes ne se privent pas pour dénoncer une mesure ici hypocrite, là déconnectée de toute réalité, ailleurs faussement progressistes...

Douze mois d'abstinence

En effet, le rapprochement des deux régimes d’admission au don se fera par étapes, dès le printemps 2016. A partir de cette date, le "don de sang total" - la forme de don la plus courante où toutes les composantes du sang (cellules et plasma) sont prélevées - sera ouvert aux hommes qui n'auront pas eu de relations homosexuelles depuis douze mois , après un questionnaire et un entretien. Deuxième possibilité, toujours à partir du printemps 2016 : les hommes qui,au cours des quatre derniers mois, n'ont pas eu de relation homosexuelle ou ont eu un seul partenaire, pourront donner leur plasma (partie liquide du sang), grâce à la création d'une filière sécurisée où il sera mis en quarantaine pendant deux mois et demi environ pour s'assurer de son innocuité.

Etape finale en 2017

Cette filière sécurisée va, en outre, permettre aux autorités sanitaires de mener une étude sur le terrain sur ces nouveaux donneurs. Si cette étude démontre qu'il n'y a pas de risques, les règles du don du sang pour les homosexuels (ou les hommes ayant eu au moins un rapport avec un autre homme), se rapprocheront des règles générales appliquées aux autres donneurs. Cette deuxième étape interviendrait en 2017, précise le ministère.

Un risque d'1 pour 3.500.000 dons

L'exclusion permanente des dons du sang des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes avait été instituée en 1983 en raison des risques du sida. Dans le système actuel, dix à quinze donneurs sont diagnostiqués séropositifs chaque année, soit un risque "résiduel" de l'ordre de 1 pour 3.500.000 dons. Mais le dernier cas de contamination d'un receveur date d'il y a 13 ans.

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