Le sommet euro-africain à Paris, consacré à la crise migratoire, doit permettre de créer des hotspots en Afrique pour cibler les réfugiés éligibles au droit d'asile.

L'un des points cruciaux pour le HCR est l'amélioration des conditions d'accueil des réfugiés sur la route de l'exil.
L'un des points cruciaux pour le HCR est l'amélioration des conditions d'accueil des réfugiés sur la route de l'exil. © AFP / FREDRIK LERNERYD

Lors de ce sommet, pas de mesures chiffrées. Les Européens ont relancé l'idée, initiée par le président français, d'engager la procédure d'asile en Afrique, "dans des zones identifiées, pleinement sûres, au Niger et au Tchad, sous supervision du HCR ". Les président africains présents, notamment Idriss Deby pour le Tchad et Mahamadou Issoufou pour le Niger, ont rappelé que cette crise migratoire ne serait résolue que par le développement. "On est habitué à des annonces de nos partenaires depuis des années. Nous voulons des choses concrètes", a expliqué le président tchadien.

Le 27 juillet dernier le président de la République avait déjà évoqué la possibilité de créer des hotspots directement en Afrique sur la route de l'exil notamment en Libye, pays désormais jugé inadapté à l'accueil de ces population.

Un mois plus tard, Emmanuel Macron réunit à Paris un sommet euro-africain sur la crise migratoire afin de trouver des solutions nouvelles à l'arrivée de réfugiés et des migrants notamment par la voie maritime.

Au cours de la traversée de la Méditerranée, en 2016, 5.000 personnes sont mortes en voulant rejoindre l'Europe depuis les côtes africaines, à bord d'embarcations de fortunes. Pour tenter de maintenir ce flux de l'autre côté de la mer, l'Union Européenne imagine la création de hotspots en Afrique.

Les "hotspots" sont des centres d'enregistrement et d'identification des migrants. Il en existe en Grèce (cinq sur les îles, hébergeant entre 8 et 10.000 personnes) et en Italie (quatre centres). Ce dispositif européen a été créé en 2015 après la crise migratoire. Il s’agit de prendre les empreintes des arrivants, de repérer ceux qui sont éligibles au statut de réfugiés. On les répartit ensuite en Europe dans le cadre de la "relocalisation". Depuis l'accord UE-Turquie sur le renvoi des réfugiés de 2016, aucun migrant n'a quitté les hotspots des îles grecques.

Des centres en Libye

Depuis la mort de Khadafi, le pays est en proie au chaos politique. Il n’est donc "pas possible aujourd'hui", reconnaît l'Elysée, d’installer des hotspots dans ce pays pour des raisons de sécurité. "Ce pays n'a aucune culture de l'asile", explique par ailleurs Jean-Guy Vataux, chef de mission en Libye pour MSF. En Libye, 7.000 à 8.000 migrants sont actuellement détenus dans une vingtaine de centres "officiels" où les conditions de vie sont, selon les ONG, atroces. Il existe aussi dans ce pays des centres exploités par des milices.

Paris souhaite que le Niger et le Tchad accueillent les migrants avant la Libye et la périlleuse traversée de la Méditerranée. Ces centres sont qualifiés de "centres d'orientation", pas de hotspots.

Une mission française a été envoyée dans ces deux pays début août. Au Tchad vivent 400.000 réfugiés et 100.000 personnes déplacées, alors que le Niger compte à la fois des camps gérés par le Haut-Commissariat aux Réfugiés pour les nigériens principalement, et ceux de l'Organisation Internationale pour les Migrations pour les migrants gagnant la Libye.

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