La formation professionnelle coûte chaque année 32 milliards d'euros pour des résultats qui posent beaucoup de questions. Le système est complexe, illisible et manque son objectif principal : réduire les inégalités.

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Les injustices du système

une réforme de la formation professionnelle annoncée pour 2013
une réforme de la formation professionnelle annoncée pour 2013 © reuters

Pour bénéficier d'une formation en France, il vaut mieux être cadre qu'ouvrier, travailler dans une grande entreprise plutôt que dans une PME et être actif plutêt que chômeur. C'est toute cette logique qu'il faut changer : la formation doit davantage profiter aux plus fragiles et surtout devenir une arme pour rester employable toute sa vie.

Si le système aujourd'hui n'est pas efficace,c'est sans doute à cause du nombre d'acteurs engagés dans le processus de formation professionnelle. L'économiste Gilbert Cette préconise de "décomplexifier l'usine à gaz" et appelle à faire le ménage dans le financement de la formation. Aujourd'hui, les partenaires sociaux en gèrent une partie, une manne jugée opaque qui embarrasse les organisations patronales et syndicales.

L'inadéquation du système de formation continue à la réalité du marché du travail est considérée comme l'une des causes du nombre d'offres d'emplois non pourvues faute de candidat, évaluéà environ 300 000 par an, selon des chiffres officiels.

Pour clarifier les choses, cette réforme de la formation professionnelle se doublera, c'est du moins l'intention du gouvernement, d'une réflexion sur le financement des organisations patronales et syndicales.

Vers une réforme ?

Les fondements de la formation professionnelle continue ont été posés en France par une loi de 1971, la loi Delors, à une époque où le chômage était quasi inexistant et où l'on ne parlait pas de mondialisation et de concurrence des pays émergents.

Dans un rapport de janvier 2013, la Cour des comptes dressaient un constat sévère :

L'effort de formation professionnelle peine à être orienté vers ceux qui en ont le plus besoin. Il a tendance à reproduire, et même à amplifier, les inégalités engendrées par le fonctionnement du marché du travail.

Le gouvernement veut réformer le système. Le chantier, lancé lors de la Conférence sociale de juin dernier, s'ouvre mardi : syndicats et patronat entament une négociation sur le sujet avec pour mission de conclure un accord d'ici novembre. Faute d'accord, le gouvernement reprendra la main.

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