Alors que l'Assemblée vient de voter l'interdiction des smartphones à l'école, contre l'usage abusif des écrans, une enquête IPSOS commandée pour le Fonds Actions Addictions révèle les mauvaises habitudes des 14/24 ans. Et elles sont multiples : cannabis, cocaïne, réseaux sociaux, jeux vidéo, et même jeux d'argent...

Cannabis, cocaïne, réseaux sociaux, jeux vidéo, jeux d'argent, pornographie... Les addictions des jeunes et des adolescents sont multiples
Cannabis, cocaïne, réseaux sociaux, jeux vidéo, jeux d'argent, pornographie... Les addictions des jeunes et des adolescents sont multiples © AFP / Photononstop / Godong / Pascal Deloche

Les jeunes sont sensibilisés au risque. Ils savent, donc, mais ça ne les empêche pas.

Les jeunes diplômés boivent plus d'alcool, les jeunes défavorisés fument davantage, mais une chose est sure : dans les deux cas, c'est trop. 

La drogue devient une habitude

Trop de tabac, trop d'alcool, trop de cannabis : un jeune sur quatre en consomme au moins une fois par mois en Île-de-France. Trop de drogues festives aussi : cocaïne, ecstasy, GHB… 3% des 14 -17 ans y ont déjà goûté et 3% des 18-24 ans disent en consommer au moins une fois par semaine. 

Michel Raynaud est psychiatre addictologie : " Plus de 60 % savent comment s'en procurer mais plus inquiétant encore : plus d'un tiers des moins de 16 ans savent comment en trouver. Ça veut dire qu'on est dans une société qui permet facilement l'accès aux produits." Et l'addiction ne s'arrête pas là : écrans, jeux vidéo, jeux d'argent, les chiffres s'envolent. 

La banalisation de la pornographie

La consommation de pornographie inquiète aussi Michel Reynaud : 21% des jeunes (dont 15% des 14-17 ans) en regardent au moins une fois par semaine, et 9% des jeunes disent le faire tous les jours. Tous quasiment expliquent qu'il est très facile d'y accéder : "Le fait que 5% y aillent cinq fois par jour c'est inquiétant. C'est quand même paradoxal qu'on soit dans la société du #MeeTo et qu'on le laisse exploser les vidéos pornographiques qui sont des modèles de non-respect de la femme dans leur très grande majorité."

Les parents reconnaissent dans le sondage leur désarroi total face aux écrans et semblent prêts à accepter des mesures de protection assez strictes, notamment la mise en place systématique, pour les mineurs, de dispositifs les empêchant de regarder les contenus pornographiques.

Des parents qui sous-estiment la consommation de leurs enfants

Les parents des 14 - 24 ans sous-évaluent nettement la consommation de leurs enfants. 10% des pères et mères pensent que leurs enfants consomment de l’alcool au moins une fois par semaine, alors que 30% des jeunes sont dans ce cas. 

Il en va de même pour le tabac : 15% des parents pensent que leurs enfants fument des cigarettes au moins une fois par semaine, alors qu'ils sont 24% à le faire.

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