En voulant réutiliser des affiches souillées de tags racistes à l'Insep (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance) à Paris, pour tenter d'en détourner le message, le comité d'organisation des Jeux Olympiques a provoqué un tollé sur Internet.

En voulant retourner le sens d'insultes racistes, le compte Paris 2024 a vite été accusé de les amplifier
En voulant retourner le sens d'insultes racistes, le compte Paris 2024 a vite été accusé de les amplifier © Capture d'écran

Tout partait pourtant d'une bonne intention... Mais on sait depuis longtemps que l'enfer en est pavé. À l'origine, il y a la découverte choquante de graffitis racistes griffonnés sur des photos d'athlètes à l'Insep, le grand campus du sport de haut niveau français à Paris, notamment sur les portraits de Teddy Riner ou de Dimitri Bascou.

Des inscriptions rapidement effacées, et immédiatement suivies d'une vague d'indignation, notamment de grands sportifs, et d'un dépôt de plainte.

L'histoire aurait pu (et sans doute dû, en attendant les suites judiciaires) se terminer là, mais le compte officiel du Comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 a voulu aller plus loin, sans doute pour marquer les esprits. Au lieu de laisser les inscriptions injurieuses disparaître de l'imaginaire commun, ils ont tenté de les réutiliser en en détournant le sens.

Au vu des réactions, le résultat (qui reprend à chaque fois la fin des mots injurieux pour en faire un autre mot, positif cette fois) n'était ni fait, ni à faire (nous avons masqué les insultes sur les affiches pour ne pas leur donner plus de publicité en faisant cet article) :

Le tweet de Paris 2024 (les propos racistes en question ont été floutés par notre rédaction)
Le tweet de Paris 2024 (les propos racistes en question ont été floutés par notre rédaction)

Pourquoi ce visuel était une mauvaise idée ?

Si le visuel a été salué par certains, de nombreux internautes ont immédiatement réagi, s'indignant presque autant de ce détournement que des messages d'origine (que l'Insep avait d'ailleurs pris soin de ne pas diffuser tels quels). La plupart réclamaient la suppression immédiate du tweet et des visuels en cause.

Capture d'écran du compte Twitter de la journaliste Nassira El Moaddem
Capture d'écran du compte Twitter de la journaliste Nassira El Moaddem

En cause, d'abord, le fait que les affiches version "Paris 2024" donnent un écho supplémentaire aux propos racistes d'origine, en les détournant certes mais en les masquant à peine. Le risque étant que des internautes puissent tomber sur ce tweet détourné, sans avoir aucune idée du contexte et de l'existence des injures d'origine.

Deuxième reproche, l'idée que les attaques racistes ne seraient "annulées" que par les performances sportives des personnes attaquées.

Dans les heures qui ont suivi la publication, plus de 500 personnes ont directement répondu, le plus souvent pour critiquer le message d'origine ; 1.800 l'ont retweeté avec (pour la plupart) un commentaire indigné, furieux ou moqueur. Le compte "Paris 2024" a bien tenté, en vain, de répondre aux critiques, quitte parfois à le faire internaute par internaute, en réexpliquant le contexte... Cela n'a pas convaincu.

Le tweet mis en cause était toujours, au moment de la publication de cet article (et 5 heures après l'apparition du message), resté publié sur le compte de Paris 2024.

[Pour des raisons évidentes, nous avons volontairement fait le choix de masquer la campagne en question dans cet article, NDLR]

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