Une étude du Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco), auprès de 16.000 collégiens et lycéens, révèle que ces derniers se désintéressent de plus en plus "de la vie politique traditionnelle" et "se méfient des institutions", tout en plébiscitant "les nouvelles formes d'engagements citoyens".

Manifestation contre Parcoursup en mars 2018
Manifestation contre Parcoursup en mars 2018 © AFP / François Guillot

On n'avait pas analysé leur rapport à la vie de la cité depuis 13 ans : après deux ans de préparation, deux mois d'enquête auprès de 16 000 jeunes dans 400 établissements partout en France, c'est désormais chose faite. Et les résultats en disent beaucoup sur le désamour envers la politique "traditionnelle", au bénéfice d'engagements alternatifs.

En Terminale, 61 % des élèves disent avoir une confiance modérée dans le système démocratique, et un quart d'entre eux n'ont pas ou peu confiance dans ce système. Quatre élèves sur cinq ne font pas confiance au gouvernement (Parcoursup n'a sans doute pas aidé dans ce domaine), mais sans forcément avoir foi dans l'opposition : ils sont encore plus nombreux à ne faire confiance à aucun parti politique.

Ils ne se détournent pas pour autant du vote : 2/3 des lycéens interrogés affirment qu'ils comptent voter à toutes les élections. Plus étonnant, une impression que les lycéens se sentent peu légitimes à exprimer leur point de vue : seuls 47 % d'entre eux déclarent avoir des opinions politiques qu'il serait intéressant d'écouter. Et 37 % se sentent capables de participer à la vie politique.

Autre surprise de cette étude : la volonté de s'engager ne semble pas dépendre du niveau scolaire. La part des élèves qui affirment qu'ils ne s'engageront pas du tout dans la vie de la société est similaire chez les "mauvais élèves" et les "excellents élèves" (respectivement 11 et 12 %). Ceux dont les résultats sont bons ou moyens sont globalement plus engagés.

Partis et syndicats délaissés, alternatives plébiscitées

Ce n'est pas parce que leur engagement ne s'exprime pas dans les institutions traditionnelles que les lycéens ne sont pas engagés. L'étude révèle ainsi que 75 % des jeunes interrogés souhaitent être bénévoles dans une association une fois sortis du lycée. Les élèves de Terminale sont 44 % à être engagés dans une association humanitaire et de défense de l'environnement (contre 12 % se disant "engagés en politique"). Une tendance déjà observée chez leurs aînés, puisque 80 % des adultes de moins de 30 ans déclarent être bénévoles ou prêts à s'engager dans le bénévolat.

En fait, ce qui semble le plus compter pour eux, ce n'est pas l'engagement en tant que tel avec une formation politique ou syndicale, mais l'objectif de cet engagement. L'étude relève ainsi "un engouement pour des actions protestataires ponctuelles et non nécessairement affiliées": 71 % des élèves se disent favorables à la signature de pétitions, par exemple, 62 % à des manifestations, 58 % à des boycotts de produits.

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